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Le DG de l'OMS, Docteur Tedros Adhanom / Ph. Ley Uwera

 

L'Organisation Mondiale de la santé (OMS) et son directeur général,  Tedros Adhanom Ghebreyesus, se sont dits "scandalisés" par la mort d'un médecin camerounais lors de l'attaque, ce vendredi 19 avril, d'une équipe de riposte contre l'épidémie d'Ebola dans la ville de Butembo.  

 

"Aujourd'hui, le Dr Richard Valery Mouzoko Kiboung, épidémiologiste déployé par l'OMS pour faire face à l'épidémie d'Ebola, a été tué lors d'une attaque contre l'hôpital universitaire de Butembo. Deux autres personnes ont été blessées dans l'attaque, mais on pense qu'elles sont dans un état stable", annoncé l'agence onusienne dans un communiqué.

"Toute l'OMS et moi-même sommes profondément attristés par la perte de notre collègue et frère, le Dr Mouzoko. Il s'est mis en première ligne pour sauver des vies en République démocratique du Congo", a déclaré le Directeur général de l'OMS.

"Nous sommes peinés par sa famille et ses amis en cette période très difficile (...) Ceci est un rappel tragique des risques que les agents de santé prennent chaque jour pour protéger la vie et la santé des autres. Nous sommes scandalisés par cette attaque: les agents de santé et les établissements de santé ne doivent jamais être la cible", a-t-il ajouté .

L’attaque des miliciens lourdement armés a eu lieu lors d’une réunion de coordination tenue dans l'enceinte de la clinique universitaire de l'Université catholique du Graben (UCG).

"Nous évaluons actuellement la situation en matière de sécurité afin de garantir la sécurité de tous les patients, de tous les agents de santé et des intervenants pour Ebola», a déclaré le Dr Tedros.

"Dans le même temps, nous restons déterminés à continuer à soutenir le ministère de la Santé de la RDC pour mettre fin à cette épidémie le plus rapidement possible."

Déclarée le 1er août 2018 dans la province du Nord - Kivu dont relève Butembo , l'actuelle épidémie d'Ebola qui avait par la suite touché la province den l'Ituri , a déjà fait 843 décès dont 767 parmi les 1 224 cas confirmés, d'après le dernier bilan livré mercredi soir par le ministère de la santé. 

Le nombre de décès et de cas confirmés a grimpé ces dernières semaines à Butembo et à Katwa, après de les attaques contre les deux centres de traitement d'Ebola (CTE) en mars dernier. Cela est également du à la forte mobilité dans la région.

La RDC fait face à sa dixième épidémie d'Ebola ,depuis la découverte du virus sur son territoire, en 1976. L'actuelle épidémie est la plus meurtrière de l'histoire du pays et la deuxième au monde après celle qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest en 2014.  Elle a fait 11 000 victimes parmi quelque 29 000 patients.

 

Christine Tshibuyi