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La Majorité Présidentielle (MP) n’a pas apprécié la dernière sortie médiatique de Monseigneur Fridolin Ambongo Besungu, nouvel archevêque métropolitain de Kinshasa, sur le processus électoral. André-Alain Atundu Liongo, porte-parole de la MP, espérait que les premiers mots d’Ambongo, en tant que successeur de Laurent Monsengwo, soient plus orientés vers l’évangélisation.

« A partir de Rome, l’on aurait pu s’attendre à recevoir du nouveau nominé des orientations pastorales dans le sens d’une meilleure évangélisation des Kinois au regard des défis moraux qui assaillent la société. A la place, grande a été la surprise des Kinois d’entendre le prince de l’Eglise catholique s’exprimer ex cathedra et avec une posture autoritaire sur les aspects techniques du processus électoral, matière relevant constitutionnellement de la compétence de la CENI », a dit Atundu, au cours d’une conférence de presse organisée ce samedi 10 novembre à Kinshasa.

En ligne du Vatican, Fridolin Ambongo avait accordé une interview à RFI à travers laquelle il s’était montré particulièrement clair sur les points clés qui bloquent le processus actuel.

« Nous pensons à Moïse Katumbi, la manière dont le dossier de Jean-Pierre Bemba a été traité et d’autres qui ont été exclus de la course comme Muzito et tant d’autres », a, par exemple, dit le nouvel archevêque.

Au sujet de la machine à voter, Ambongo a même livré quelques propositions.

« Mais, s’il y avait vraiment de la bonne volonté de la part de la classe politique au Congo, je crois qu’on aurait déjà trouvé une solution intermédiaire. Par l’exemple, pour l’élection présidentielle où il n’y a pas trop de candidats, on pourrait utiliser le papier. Et pour les autres élections, on pourrait utiliser la machine parce que là, il y a trop de candidats. Cela pourrait être une solution intermédiaire. Mais il faut encore qu’il y ait la volonté politique, avec l’intention de trouver un compromis », a t-il suggéré. 

Ces propositions ne sont pas les bienvenues dans le camp présidentiel.

« Cette confusion de genre n’est pas de nature à respecter la laïcité de l’Etat congolais pourtant reconnue et acceptée par tous, d’une part, et à favoriser la sérénité dans l’esprit des chrétiens engagés en politique, d’autre part », s’est interrogé Atundu.

Monseigneur Ambongo a été très actif aux côtés des évêques de la Conférence épiscopale nationale du  Congo (CENCO) dans la facilitation du dialogue qui a abouti à l’accord de la Saint-Sylvestre. Il n’hésitait pas à hausser le ton face aux multiples blocages et à ce qu’il appelle souvent « mauvaise foi » de la part de la classe politique.

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