Machine à voter

70 000 machines à voter sont déjà produites en Corée du Sud où se trouve Corneille Nangaa, président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Il y est pour finaliser le processus d’expédition de ces outils en RDC dont le déploiement est prévu entre octobre et décembre 2018. Ce, malgré les doutes de certains acteurs de la société civile et de l'opposition. Pour dissiper les soupçons, quelques spécimens de ce dispositif à écran tactile sont prépositionnés à l’entrée du quartier général de la CENI. Ce jeudi 6 septembre 2018, les reporters du Journal du citoyen s’étaient rendus sur place pour expérimenter cette technologie.

CENI : Trois minutes avec la machine, mon expérience au siège de la CENI

10 heures à Kinshasa. Je suis dans la salle d’accueil du siège national de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), sur le boulevard du 30 Juin. C’est décidé ! Je vais moi également tester cette fameuse machine à voter. A droite de l’entrée principale, deux machines sont installées. Deux agents de la CENI sont également postés ici pour faciliter l’expérimentation et pour fournir des explications.

A côté de ces machines, je remarque quatre papiers sur lesquels il est écrit respectivement : bulletin de vote, carte d’ouverture des votes, carte de clôture des votes et fiche des résultats.

Pour débuter l’expérimentation, j’ai mon bulletin de vote en main et je l’introduis dans la machine. Environ trois secondes plus tard, les photos des candidats à la présidentielle apparaissent. C’est le moment de faire le choix ! Deux possibilités : je peux soit saisir le numéro du candidat enregistré par la CENI, si je le connais, soit appuyer sur sa photo.  Ensuite, j’ai le choix : « confirmer » ou « annuler » en appuyant sur confirmer. Si j’appuie sur annuler, la machine va revenir sur les listes et propose de refaire le choix.

Machine

J’ai terminé avec le choix du président. La machine présente la liste des candidats enregistrés aux législatives nationales. Pour voter, la procédure est la même également pour le vote des députés provinciaux. La machine propose également la possibilité de voter blanc, c’est-à-dire que je peux choisir de voter pour le président et ignorer le vote du député national ou vice-versa.

Pour valider les trois votes, les photos et les noms des trois candidats (président, député national et député provincial) s’affichent. A ce stade, il n’y a plus de possibilité d’annuler les votes. Trois secondes plus tard, le bulletin avalé par la machine au début de l’opération est imprimé et porte les choix que j’ai opérés.

Pour dédramatiser, ici ce dispositif est appelé machine à imprimer au lieu de machine à voter.

« La machine à voter est celle qui s’occupe de toutes les opérations du vote. D’un bout à l’autre du processus, c’est-à-dire jusqu’à la publication, tout se fait à l’intérieur de la machine, mais dans notre cas, le comptage se fera manuellement, et notre machine n’imprime que le vote », explique l’agent de la CENI préposé à accompagner ceux qui, comme moi, viennent expérimenter cette technologie. Habituée aux écrans tactiles et avec une assistance, l’ensemble de l’opération pour moi a duré trois minutes au total. Reste à savoir ce qu’il en sera dans les zones reculées avec des personnes qui n’ont jamais été confrontées à cette technologie.

Thérèse Ntumba (IFASIC)

JDC

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