Près de 76 000 personnes déplacées vivent actuellement dans le site de Plaine Savo, près de Fataki, (territoire de Djugu) en Ituri, dans des conditions humanitaires jugées alarmantes par Médecins sans frontières (MSF).
Dans un communiqué publié ce mardi 8 septembre, l’organisation indique que les violences qui persistent à l’extérieur du site empêchent une grande partie des déplacés d’accéder à leurs champs, aux marchés et aux points d’eau. Cette situation les prive de leurs moyens de subsistance et accroît leur dépendance à l’aide humanitaire.
Le site est fortement surpeuplé et les personnes déplacées vivent pour la plupart dans des abris de fortune construits avec du bois, du plastique et de la paille. L’accès à la nourriture demeure particulièrement préoccupant. Depuis décembre dernier, seulement deux distributions alimentaires ont été organisées sur le site, selon MSF.
La situation sanitaire reste également difficile. MSF a installé en février un poste de santé destiné à fournir des soins de santé générale, pédiatrique, maternelle et mentale. Cette structure prend également en charge les survivant·es de violences sexuelles ainsi que les personnes souffrant de malnutrition aiguë.
Au cours des six derniers mois, le poste de santé a pris en charge en moyenne 60 survivant·es de violences sexuelles chaque mois. Sept personnes blessées par balle ou par arme blanche y sont également admises chaque semaine. La structure enregistre par ailleurs une moyenne de neuf cas de malnutrition chaque semaine.
Le manque d’eau potable et les insuffisances en matière d’assainissement constituent un autre facteur de vulnérabilité. Depuis février, MSF affirme avoir construit 311 latrines et renforcé progressivement l’approvisionnement en eau potable par camion-citerne, en attendant la finalisation de neuf nouveaux forages.
Malgré ces interventions, l’organisation estime que les infrastructures d’assainissement et la quantité d’eau potable disponible restent largement insuffisantes au regard du nombre de personnes présentes dans le site.
La situation humanitaire est aggravée par l’insécurité qui limite également l’accès des organisations humanitaires à la population. Les restrictions de déplacement exposent notamment les personnes qui tentent de sortir du site à des risques de violences, alors qu’elles cherchent à accéder à leurs champs ou à se procurer des moyens de subsistance.
MSF appelle ainsi à un renforcement urgent de la réponse humanitaire à Plaine Savo. L’organisation demande notamment une augmentation de l’aide alimentaire, des distributions plus régulières d’articles non alimentaires, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ainsi que le renforcement des activités de protection en faveur des personnes les plus vulnérables.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par l’épidémie d’Ebola en Ituri. Trois cas confirmés ont déjà été détectés dans le site de Plaine Savo et pris en charge à l’hôpital général de référence de Fataki, selon Médecins sans frontières. La promiscuité dans les abris et les insuffisances en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement renforcent les préoccupations liées au risque de propagation de la maladie.
Josué Mutanava, à Goma