À l’occasion de la 4ᵉ édition de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée lors d’une cérémonie organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), lundi 7 septembre, au chapiteau de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), les responsables de la sécurité ont mis l’accent sur l’adaptation des forces de l’ordre face à l’évolution de la criminalité. Cette édition avait pour thème : « Le numérique au cœur de la coopération policière ».
Dans sa prise de parole, le commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), Benjamin Alongaboni, a reconnu que la criminalité est un phénomène social qui dépasse désormais les frontières, évolue, se mondialise et, surtout, se numérise. Face à cette réalité, le patron de la police congolaise appelle à une réponse proportionnelle à la menace que représente la criminalité au XXIᵉ siècle.
« Cette journée nous offre l’occasion de réaffirmer une conviction essentielle. Face à une criminalité qui ignore les frontières, aucune police ne peut agir efficacement seule. La criminalité évolue. Elle se mondialise, elle se numérise, elle est complexe. Notre réponse doit donc évoluer au même rythme, être plus concrète, plus réactive et davantage fondée sur le partage de l’information et l’action collective », a déclaré Benjamin Alongaboni.
Le commissaire général de la PNC a notamment mis en avant le renforcement des capacités de la police congolaise, en insistant sur l’analyse et le partage de l’information, le développement des enquêtes numériques, le renforcement de la criminalistique ainsi que la maîtrise des nouvelles technologies. Ces capacités sont jugées nécessaires face à la complexification des trafics transnationaux, à la transformation de la criminalité financière et à l’utilisation des technologies à des fins criminelles.
Pour la cheffe de la composante police de la Mission des Nations unies en RDC, Mamouna Ouedrago, le thème choisi cette année confronte les responsables de la police aux réalités du XXIᵉ siècle. Elle estime que, dans un environnement où la technologie redéfinit les menaces — cybercriminalité, désinformation et réseaux criminels transnationaux notamment —, la coopération policière n’est plus seulement une option, mais une « nécessité stratégique »
« Nous devons garder à l’esprit que le numérique offre des opportunités considérables pour améliorer le partage des informations, renforcer les capacités d’analyse et faciliter la coordination entre les services de sécurité. C’est un moyen technologique de renforcer la coopération et la collaboration de manière générale », a-t-elle souligné.
Présent à cette activité, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a, dans son discours, indiqué qu’une police doit être en mesure de « protéger, d’anticiper, de coopérer et surtout d’inspirer confiance aux populations qu’elle sert ».
Rappelant les aspirations du président Félix Tshisekedi pour une police capable de protéger les populations et leurs biens, Jacquemain Shabani a souligné que la police « doit être davantage en mesure de prévenir les menaces, de lutter efficacement contre la criminalité sous toutes ses formes, de protéger les personnes et leurs biens, et de renforcer la confiance entre les services de sécurité et la population ».
Au-delà du renforcement des capacités nationales, les intervenants ont également insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de coopération entre les services de sécurité, particulièrement face à une criminalité dont les ramifications dépassent de plus en plus les frontières nationales.
« Dans ce contexte, la coopération policière internationale apparaît comme un outil stratégique indispensable pour renforcer les capacités des services de sécurité, améliorer le partage d’informations et développer des mécanismes communs de prévention et d’intervention », a déclaré le colonel Étienne Kalenda, responsable du Service de coopération policière internationale (SCPI) de la PNC.
À l’issue de cette cérémonie, qui a connu la participation de plusieurs responsables des secteurs de la sécurité, une démonstration dynamique conjointe a été organisée entre la Police nationale congolaise, composée essentiellement d’éléments fraîchement sortis de l’École de police de Kasangulu, dans le Kongo-Central, et l’UNIPOL.
Les autorités ont également été conduites à visiter les différents stands présentant quelques directions et services rattachés à la Police nationale congolaise ainsi que ceux de plusieurs partenaires internationaux de la RDC.
Samyr LUKOMBO