Le Fonds de développement du service universel (FDSU), établissement public placé sous la tutelle du ministère des Postes et Télécommunications et chargé de contribuer à l’extension de l’accès aux services de télécommunications, a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la connectivité universelle en République démocratique du Congo.
Le samedi 8 août 2026, le FDSU a procédé à la signature des premières conventions de subvention avec les principaux opérateurs de télécommunications présents en RDC, à savoir Airtel, Vodacom, Orange et Africell. La cérémonie, présidée par le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda, a également été marquée par la présentation du premier Rapport national sur le service universel.
Cette initiative traduit la volonté du gouvernement de passer de la planification à la concrétisation des projets de connectivité, avec l’ambition de favoriser progressivement l’accès aux services de télécommunications et au numérique dans les zones encore insuffisamment couvertes.
40 premiers sites pour lancer le déploiement
Les conventions signées portent sur une première phase de 40 sites, qui constituent le point de départ d’un programme de connectivité appelé à s’étendre progressivement. À travers ces premiers déploiements, le gouvernement entend rapprocher les populations des services numériques et favoriser leur accès à la téléphonie et à Internet. L’initiative devrait également contribuer à faciliter l’accès des établissements scolaires aux ressources éducatives, soutenir le développement de la télémédecine et stimuler les activités économiques dans les zones rurales et périurbaines.
Le choix de ces zones répond à une difficulté bien connue du secteur : l’installation d’infrastructures de télécommunications dans des territoires éloignés, faiblement peuplés ou à faible potentiel commercial représente souvent un investissement difficilement rentable pour les opérateurs. L’intervention du FDSU vise ainsi à soutenir financièrement ces investissements afin de permettre aux opérateurs d’étendre leurs réseaux dans des zones où ils n’auraient pas nécessairement intérêt à investir sur leurs seules ressources.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le directeur général du FDSU, Paterne Binene-A-Kadiat, a présenté les principales réalisations de l’établissement au cours de l’année écoulée. Il a notamment évoqué le travail entrepris pour consolider les bases institutionnelles du Fonds, renforcer sa gouvernance, mobiliser ses ressources, établir un diagnostic national de la connectivité, définir une stratégie d’intervention et préparer les premiers projets de déploiement.
Pour le directeur général, la signature des conventions marque désormais le passage de la phase de préparation à celle de l’exécution.
« Aujourd’hui est un grand jour, c’est pour la première fois que le gouvernement s’investit dans la connectivité de ses populations. Aujourd’hui, le Fonds de Développement du Service Universel, cet établissement public créé par décret sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a donné des subventions pour que 40 localités en soient bénéficiaires. Il s’agit de 258 000 Congolais qui devront être couverts par cette subvention. Nous avons donné des subventions à Airtel, Orange, Vodacom et Africell pour étendre leur signal sur au moins 10 localités pour permettre à ces populations d’avoir accès à la téléphonie de base, à l’Internet et à la messagerie » a déclaré Paterne Binene-A-Kadiat.
Selon lui, les retombées attendues vont au-delà de la simple extension de la couverture télécom. La disponibilité des réseaux devrait notamment créer de nouvelles opportunités dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’entrepreneuriat et de l’accès aux services administratifs.
300 sites prévus lors de la prochaine phase
Le FDSU prévoit déjà une montée en puissance du programme au cours des prochaines années. Quelque 300 sites ou localités devraient être ciblés lors de la prochaine phase, avec une couverture estimée à environ 1,8 million d’habitants actuellement non couverts. À l’horizon 2030, l’ambition affichée est d’atteindre 3 000 localités et de permettre à environ 16 millions de Congolais supplémentaires d’accéder aux services de télécommunications. Le programme prévoit également la création de 100 Centres communautaires numériques.
« Le déploiement pour l’année prochaine prévoit 300 sites ou localités, pour un impact qui va toucher environ 1 800 000 habitants non couverts aujourd’hui et, à l’horizon 2030, atteindre 3 000 localités pour un impact de 16 millions d’habitants qui restent non couverts. La signature de ces conventions marque le passage à une nouvelle étape, celle de l’exécution » a ajouté le directeur général du FDSU.
Un mécanisme de financement pour soutenir les zones moins rentables
Pour permettre la réalisation de ces investissements dans les zones où la rentabilité commerciale demeure limitée, les conventions s’appuient sur un mécanisme de financement des investissements initiaux, le « Full CAPEX ». Ce dispositif associe l’État, les opérateurs de réseaux mobiles ainsi que les entreprises spécialisées dans les infrastructures de télécommunications. Le partage des infrastructures devrait notamment permettre d’optimiser les coûts et d’accélérer le déploiement des réseaux.
À travers cette première phase, le FDSU entend faire de la connectivité un levier de développement économique et d’inclusion sociale. Le principal défi sera désormais de transformer les engagements pris en infrastructures opérationnelles et en services réellement accessibles aux populations.
Réduire la fracture numérique
La création du FDSU répond à la volonté du gouvernement congolais de faire de l’accès aux télécommunications et au numérique un facteur d’inclusion et de développement. L’établissement a pour mission de faciliter l’accès aux services de télécommunications dans les zones rurales et périurbaines qui restent insuffisamment desservies en raison notamment de leur faible attractivité économique pour les opérateurs.
Son intervention repose sur l’identification des besoins des populations, la planification des extensions de services et la sélection de projets susceptibles de bénéficier d’un financement public. À travers cette stratégie, le FDSU ambitionne de contribuer à une République démocratique du Congo davantage connectée, où les bénéfices du numérique seraient progressivement accessibles à l’ensemble de la population.
Le message porté par les autorités est ainsi de faire de la connectivité universelle non plus une simple ambition institutionnelle, mais une réalité progressive, territoire après territoire, au bénéfice de tous les Congolais.
Clément MUAMBA