Dans une prise de position publiée sur X, Patrick Nkanga, rapporteur du bureau politique du PPRD (le parti de Joseph Kabila), dresse un constat sévère sur l'état de la décentralisation en République démocratique du Congo, qu'il juge insuffisamment intégrée à la gouvernance du pays.
Selon lui, cette lacune expliquerait une partie significative des dysfonctionnements observés au niveau national, y compris l'absence de l'autorité de l'État sur plusieurs portions du territoire et certains conflits intercommunautaires. Il insiste sur le fait que la décentralisation ne saurait se limiter à une disposition constitutionnelle ou légale théorique, mais doit se traduire par un véritable système de gouvernance : un échelonnement effectif des pouvoirs et des compétences, ainsi qu'une répartition équitable des ressources publiques jusqu'à la dernière entité territoriale décentralisée.
Pour illustrer son propos, Patrick Nkanga prend l'exemple de Kinshasa, où les communes, qui administrent pourtant des millions d'habitants, ne disposeraient, selon lui, ni de pouvoirs réels, ni de moyens suffisants, ni de politiques publiques municipales abouties. Il déplore que les élus communaux et municipaux ne jouissent pas encore de la plénitude de leurs prérogatives, alors que ce sont eux qui devraient porter le développement de leurs agglomérations, notamment par la mobilisation des recettes qui leur reviennent légalement.
Le responsable du PPRD estime, par ailleurs, qu'on ne peut pas gouverner un pays comme la RDC depuis « le boulevard du 30 Juin », ce dernier ne permettant pas, selon lui, de saisir l'ampleur des problèmes qui se posent jusque dans la seule ville de Kinshasa. Il appelle à une gouvernance plus cohérente et plus proche des réalités vécues par les populations, plutôt que fondée, dit-il, sur « des invectives, des slogans et des concours d'incurie ».
Enfin, Patrick Nkanga établit un lien entre l'absence de décentralisation effective et la montée, chez une partie significative des Congolais, d'une aspiration au fédéralisme, une option qu'il dit ne jamais avoir partagée personnellement, tout en disant comprendre les raisons qui poussent certains compatriotes à la défendre. Il conclut qu'une décentralisation « effective et qualitative », assortie d'une répartition équitable des ressources publiques, permettrait de résoudre une grande partie des problèmes de gouvernance et de développement du pays.