Le Conseil de sécurité, l'un des principaux organes de l'Organisation des Nations Unies (ONU), créé par la Charte des Nations Unies et investi de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a prorogé, lundi 29 juin 2026, depuis New York (États-Unis), le régime de sanctions applicable à la République démocratique du Congo (RDC) jusqu'au 1er juillet 2027. Il a également renouvelé le mandat du Groupe d'experts chargé de veiller à sa mise en œuvre.
En adoptant à l'unanimité de ses 15 membres la résolution 2825 (2026), le Conseil de sécurité demande à tous les États, en particulier à ceux de la région des Grands Lacs, de renforcer leur coopération avec le Groupe d'experts et de lui garantir « toute liberté d'accès sécurisé », notamment aux personnes, aux documents et aux lieux jugés utiles à l'exécution de son mandat.
Pour la France, porte-plume du texte, par la voix de son représentant permanent auprès de l'ONU, l'ambassadeur Jérôme Bonnafont, ces sanctions constituent des outils essentiels pour lutter contre les violences et la déstabilisation imputables aux groupes armés dans l'est de la RDC.
« Ce régime doit être dynamique pour rester adapté à l'évolution de la situation. Cette résolution crée un nouveau critère de désignation visant les groupes armés responsables d'actes d'obstruction graves et délibérés à la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO. La cessation des entraves à la MONUSCO dans les zones sous contrôle du M23 est en effet indispensable à la bonne exécution des accords de paix, et ce Conseil doit y veiller », a déclaré Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l'ONU.
Selon le diplomate français, la résolution appelle également à poursuivre les efforts afin de faire toute la lumière sur le meurtre de deux membres du Groupe d'experts en République démocratique du Congo en 2017. Paris précise par ailleurs que le texte réaffirme le mandat du Groupe d'experts pour documenter les violations de l'embargo sur les armes. La résolution met aussi en évidence le rôle de l'exploitation illicite des ressources naturelles dans le financement des groupes armés, comme l'ont rappelé plusieurs membres du Conseil de sécurité.
« Les délibérations ont enfin permis des progrès dans l'appréhension d'autres menaces, notamment celle du groupe terroriste ADF. Nous continuerons de travailler avec les membres du Conseil à ce sujet. Je remercie l'ensemble des membres du Conseil pour leur engagement lors de ces négociations. La France compte sur une expression unie du Conseil en faveur de ce régime afin de contribuer activement à la mise en œuvre de la résolution 2773, ainsi qu'à l'ensemble des efforts de paix en cours », a fait savoir le diplomate français affecté auprès des Nations Unies.
L'adoption de cette résolution intervient alors que, malgré l’existence de l’Accord de Washington et la tenue successive de réunions d’évaluation, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se détériorer. Des tensions persistent également entre Kinshasa et Kigali, chaque camp interprétant à sa manière les dispositions de l’Accord de Washington, ce qui rend sa mise en œuvre complexe et difficile, une année après sa signature au niveau ministériel.
Il en va de même pour le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23, soutenue par le Rwanda, peinent toujours à rapprocher leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait insuffler une nouvelle dynamique à ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés, tandis que la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant davantage les efforts de médiation.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions de l’accord selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre davantage incertaine.
Clément MUAMBA