La situation préoccupante des droits de l’homme en République démocratique du Congo ne se limite pas aux violences enregistrées dans l’Est du pays, une région confrontée à l’activisme des groupes armés locaux et étrangers. Tel est le constat dressé par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), qui a alerté sur la persistance des restrictions de l’espace civique et politique sur l’ensemble du territoire national.
S’exprimant ce lundi 29 juin 2026 à Genève, en Suisse, au nom du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, lors du dialogue interactif consacré à la première présentation officielle de la mise à jour de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Abdoul Aziz Thioye, directeur adjoint de la Division des opérations mondiales du HCDH, a souligné que les défis sécuritaires dans l’Est de la RDC doivent être analysés dans un contexte national plus large.
Ce haut responsable du HCDH a évoqué des préoccupations liées aux violations des droits humains, notamment la persistance des arrestations arbitraires et des détentions illégales visant des opposants politiques. Il a pointé du doigt les signalements impliquant le Conseil national de cybersécurité (CNC), service spécialisé rattaché à la Présidence de la République, ainsi que les services de renseignement.
"La situation dans l'Est de la République Démocratique du Congo ne peut être dissociée de ce qui se passe ailleurs dans le pays. Le rétrécissement de l'espace civique est un problème de longue date, nous sommes particulièrement préoccupés par la persistance des arrestations arbitraires et des détentions illégales à l'encontre des opposants politiques par le Conseil national de Cyberdéfense et les services des renseignements. Notre Bureau a recensé au moins 400 cas au cours des 4 derniers mois malgré des demandes répétées, notre Bureau n'a toujours pas obtenu l'accès au centre de détention géré par les services des renseignements", a déclaré Abdoul Aziz Thioye, directeur adjoint de la Division des opérations mondiales du HCDH.
Abordant les événements du 12 juin 2026 à Kinshasa, le représentant du Haut-Commissariat a exprimé de nouvelles inquiétudes concernant la répression d’une manifestation pacifique organisée par l’opposition. Face à cette situation, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé les autorités congolaises à faire toute la lumière sur ces événements.
"Nous réitérons notre profonde préoccupation face à la répression de la manifestation pacifique qui s'est déroulée le 12 juin 2026 à Kinshasa, la répression par les forces de l'ordre aurait causé le décès d'au moins une personne et blessé 38 autres dont 4 leaders de l'opposition. Nous exhortons les autorités à s'assurer que ces événements fassent l'objet d'une enquête impartiale et indépendante et que les responsables de ces actes de violations rendent des comptes", a-t-il recommandé.
Cette réaction des Nations Unies intervient dans un contexte de fortes tensions politiques entre le pouvoir et l’opposition autour de la réforme constitutionnelle. Plusieurs organisations de défense des droits humains et des opposants continuent d’exprimer leurs préoccupations quant au respect des libertés publiques en République démocratique du Congo sous la présidence de Félix Tshisekedi.
Cette position survient également à la veille de la marche annoncée par la coalition C64 pour le 8 juillet prochain, visant à exiger la démission de Félix Tshisekedi. Cette plateforme de l’opposition entend réclamer le départ du président de la République, qu’elle accuse de vouloir modifier la Constitution à des fins politiques.
La coalition C64 estime que l’adoption de la loi référendaire s’inscrit dans une démarche visant à prolonger le maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir. Elle considère cette initiative comme une violation de la Constitution et soutient que le chef de l’État aurait manqué au serment prêté lors de son investiture. Ces griefs sont invoqués par la coalition pour justifier son appel à la démission du président.
Jusqu’à présent, le pouvoir de Félix Tshisekedi maintient sa position en faveur d’un changement de la Constitution.
Clément MUAMBA