Présidence du Conseil de sécurité de l’ONU: Félix Tshisekedi annonce la vision de la RDC autour des ressources naturelles

70ᵉ session annuelle de la Commission de la condition de la femme
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La République démocratique du Congo s’apprête à assumer la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies au mois de juillet 2026, dans le cadre de la rotation mensuelle prévue pour les membres de cet organe onusien. Siégeant comme membre non permanent pour le mandat 2026-2027, la RDC exercera cette présidence après la Colombie en juin et avant le Danemark en août, conformément à l’ordre alphabétique anglais des États membres.

À l’occasion de la commémoration du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a, dans son discours à la nation prononcé ce lundi 29 juin 2026, dévoilé les grandes orientations de cette présidence. Le chef de l’État congolais a annoncé la tenue imminente, aux États-Unis, d’une réunion de haut niveau consacrée aux ressources naturelles, à la paix et au développement.

« La République démocratique du Congo ne sera plus réduite à l’image d’un pays que l’on convoite, que l’on pille ou que l’on déstabilise. J’en ai fait le serment devant la Nation. C’est également cette voix que notre pays portera au Conseil de sécurité des Nations unies, notamment lors de la réunion de haut niveau que j’aurai l’honneur de présider le mois prochain sur les liens entre ressources naturelles, paix, sécurité et développement durable. Notre message sera clair : les ressources naturelles de la République démocratique du Congo ne doivent plus être regardées comme une malédiction. Elles doivent devenir un levier de paix, de prospérité, de souveraineté, de justice et de transformation pour le peuple congolais », a déclaré le président Félix Tshisekedi dans son discours.

Félix Tshisekedi a également prévu d’inviter le président Évariste Ndayishimiye à prendre part à cette réunion de haut niveau, en sa qualité de président du Burundi et de l’Union africaine, mais aussi en tant qu’allié stratégique de Kinshasa dans la région des Grands Lacs.

Il a rappelé que depuis son accession à la magistrature suprême, il œuvre à faire reconnaître la RDC pour ce qu’elle est appelée à devenir : un pilier de paix, de croissance, de transition énergétique, de stabilité régionale et de prospérité partagée en Afrique et dans le monde. Selon Félix Tshisekedi, le regard porté sur la RDC est d’ailleurs en train de changer.

« La République démocratique du Congo n’est plus seulement perçue comme un territoire de crises ; elle est désormais identifiée comme un “pays solutions”, grâce notamment à nos minerais critiques: le cobalt, le cuivre, le coltan et le lithium qui participent déjà à façonner l’avenir du monde et confèrent à notre pays un levier historique de repositionnement et de transformation. C’est dans cette perspective que s’inscrit le partenariat stratégique que nous construisons avec les États-Unis d’Amérique, ainsi que ceux que nous entendons nouer avec nos autres partenaires», a-t-il fait remarquer.

Et de poursuivre :

« Tous doivent répondre à une exigence claire : servir les intérêts fondamentaux du peuple congolais, renforcer notre souveraineté, soutenir la paix, favoriser la transformation locale, sécuriser les chaînes de valeur et créer des emplois durables pour notre jeunesse. Le temps où nos minerais étaient extraits chez nous, exportés à l’état brut, valorisés ailleurs, puis revendus au monde pendant que nos populations demeuraient dans la pauvreté appartient désormais au passé. »

Par ailleurs, Félix Tshisekedi affirme que c’est dans cette même perspective que la République démocratique du Congo assume la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, avec l’ambition d’en faire un cadre plus utile, plus responsable et plus efficace au service de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement partagé.

« Nous y défendons des principes clairs de respect de l’intégrité territoriale des États, de non-ingérence, de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, d’intégration économique, de sécurité collective et de responsabilité face aux engagements pris », a affirmé Félix Tshisekedi.

Depuis janvier 2026, les drapeaux de cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027 flottent au siège de l’ONU à New York. Il s’agit de Bahreïn, de la Colombie, de la République démocratique du Congo, de la Lettonie et du Libéria.

Cette cérémonie protocolaire, organisée  jeudi 2 janvier 2026 à l’occasion de leur entrée en fonction, marquait le début de leur mandat de deux ans au sein de l’organe chargé notamment de décider des opérations de maintien de la paix, des régimes de sanctions et de l’orientation politique et sécuritaire des réponses aux crises internationales.

Les membres non permanents du Conseil de sécurité ne disposent pas du droit de veto, réservé aux cinq membres permanents, mais participent pleinement aux votes et aux négociations, avec une capacité d’intervention sur l’agenda et le contenu des textes.

Dans ce cadre, la République démocratique du Congo et le Libéria intègrent le groupe des A3, qui désigne les trois États africains siégeant simultanément au Conseil de sécurité comme membres non permanents. Cela implique une coordination avec les autres membres africains élus et un rôle de relais des positions de l’Union africaine sur les dossiers concernant le continent.

C’est la troisième fois que la RDC accède au Conseil de sécurité des Nations unies, après des mandats exercés en 1982-1983 et en 1990-1991. Kinshasa affirme ainsi disposer d’une expérience dans ce domaine, rejetant les allégations présentant le pays comme un « apprenti » au sein de cet organe onusien.

Clément MUAMBA