La capitale congolaise accueillera du 8 au 15 décembre 2026 la première édition du Festival international des séries télévisées africaines (FISTA), un nouvel événement panafricain consacré aux séries télévisées, aux web-séries et aux mini-séries. Le lancement officiel des activités du festival a eu lieu ce lundi 29 juin au Centre Wallonie-Bruxelles, à Kinshasa, au cours d’une conférence de presse qui a réuni les initiateurs du projet, des professionnels du secteur audiovisuel et plusieurs partenaires.
À travers cette première édition, les organisateurs ambitionnent de positionner Kinshasa comme un pôle de rencontre des professionnels de l’audiovisuel africain. Durant huit jours, le festival réunira producteurs, réalisateurs, scénaristes, comédiens, techniciens, diffuseurs, plateformes numériques, investisseurs, institutions publiques, partenaires techniques et financiers ainsi que le grand public.
Le programme prévoit notamment des projections officielles, des compétitions, des avant-premières, des conférences, des ateliers de formation, des masterclasses, des rencontres professionnelles, des sessions de réseautage ainsi qu’un marché consacré aux contenus audiovisuels africains.
Selon les organisateurs, cette plateforme répond à un besoin longtemps exprimé par les professionnels du secteur : disposer d’un espace continental exclusivement consacré aux séries télévisées africaines, devenu un segment en forte croissance de l’industrie culturelle mondiale.
Prenant la parole lors de la conférence de presse, Alain Ilunga, membre de la coordination du FISTA, a dressé un constat sur la place encore limitée de la République démocratique du Congo dans les industries culturelles et créatives africaines.
« La RDC reste toujours en retard dans les industries culturelles et créatives. Dans les salons internationaux, nos partenaires ouest-africains sont plus présents que les Congolais. Nous manquons de mentors et de réseau. Ce festival est un espace destiné aux créateurs, réalisateurs, producteurs et acteurs congolais pour se faire entendre », a-t-il déclaré.
Au-delà de la visibilité, le festival poursuit également un objectif de professionnalisation du secteur.
« Nous visons à financer des projets audiovisuels, former les techniciens et créer un réseau d’échanges entre professionnels de la RDC et d’Afrique », a ajouté Alain Ilunga.
« Nous lançons une vision »
Dans son intervention, le coordinateur général du festival a insisté sur la dimension panafricaine du projet.
« Le FISTA est un festival de toute l’Afrique. À l’image de la Coupe d’Afrique des Nations, il sera organisé selon un principe de rotation entre les pays africains. Chaque édition offrira à un pays hôte l’opportunité de mettre en lumière son industrie audiovisuelle, sa culture, son patrimoine, ses talents et son hospitalité. Nous voulons construire une plateforme durable, inclusive et véritablement panafricaine, au service de tous les créateurs du continent », a-t-il déclaré.
Dans un discours axé sur le développement de l’économie créative, il a souligné que le festival dépasse le simple cadre d’un rendez-vous culturel.
« Aujourd’hui, nous ne lançons pas uniquement un événement culturel. Nous lançons une vision. La vision d’une Afrique qui raconte ses propres histoires. La vision d’une Afrique qui croit en ses talents. La vision d’une Afrique qui investit dans son économie créative. Aujourd’hui, nous ne lançons pas simplement un nouveau festival. Nous posons la première pierre d’une grande institution culturelle panafricaine », a-t-il expliqué.
Le coordinateur a rappelé que les séries africaines connaissent aujourd’hui une progression importante sur les marchés internationaux, mais qu’il manquait jusqu’à présent un rendez-vous continental exclusivement consacré à cet univers.
« Notre mission est claire : promouvoir l’excellence des séries télévisées africaines ; encourager les coproductions entre les pays africains et leurs partenaires internationaux ; accompagner les jeunes créateurs et renforcer leurs capacités ; favoriser les investissements dans l’industrie audiovisuelle ; créer un véritable marché africain des contenus audiovisuels ; faire des séries africaines un puissant levier de développement culturel, économique, touristique et diplomatique », explique-t-il.
Le FISTA s’articule autour de six axes majeurs : la promotion des séries télévisées africaines ; le renforcement des capacités des professionnels ; le développement des partenariats et des coproductions ; l’innovation et la transformation numérique ; le développement du marché audiovisuel africain ; et le rayonnement de la culture africaine.
Les organisateurs estiment que le festival doit contribuer à accroître la visibilité des productions africaines sur les marchés internationaux tout en favorisant l’émergence d’un véritable écosystème économique autour des séries produites sur le continent.
Les candidatures officiellement ouvertes
Les inscriptions sont ouvertes sur le site officiel du festival (https://fista.africa/).
Pour cette première édition, douze pays sont éligibles : la République démocratique du Congo ; l’Afrique du Sud ; l’Angola ; l’Algérie ; le Bénin ; le Burkina Faso ; le Cameroun ; la Côte d’Ivoire ; le Kenya ; le Nigeria ; le Sénégal ; et la Tanzanie.
Les œuvres admises concernent les séries télévisées, les web-séries et les mini-séries produites ou diffusées entre 2023 et 2025.
Les candidats devront notamment : détenir les droits de diffusion et d’inscription de l’œuvre ; présenter au minimum deux épisodes finalisés ; respecter les standards professionnels en matière d’image, de son et de montage ; fournir des sous-titres en français ou en anglais lorsque les œuvres sont réalisées dans une autre langue ; soumettre un dossier complet comprenant fiche technique, synopsis, visuels et bande-annonce lorsqu’elle est disponible.
Les contenus devront également respecter les valeurs culturelles, sociales et éthiques définies par le règlement du festival.
Le FISTA prévoit la remise de 42 trophées répartis en six grandes familles de récompenses.
Les catégories principales distingueront notamment la meilleure série télévisée, la meilleure web-série et la meilleure mini-série.
Les catégories artistiques récompenseront les performances des acteurs, la réalisation, le scénario, la photographie, le son, le montage, les costumes, le maquillage, le décor, l’éclairage ou encore la musique originale.
Des prix spéciaux seront également attribués par le jury et le public, ainsi que des distinctions consacrées à la diversité culturelle, à l’innovation et aux jeunes talents.
Le festival prévoit en outre plusieurs prix d’hommage destinés à saluer des personnalités ayant marqué l’histoire des séries africaines et de l’industrie audiovisuelle du continent.
Enfin, une série de récompenses sera consacrée aux productions numériques, aux contenus à impact social ainsi qu’aux contributions des partenaires et des membres de l’organisation.
James Mutuba