La présentation de la première mise à jour officielle de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, s’est tenue ce lundi 29 juin 2026 devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, en Suisse.
Présentant cette mise à jour devant les États membres, les organisations de défense des droits de l’homme et les organisations de la société civile, Arnauld Akodjenou, président de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies, a confirmé la « gravité exceptionnelle » de la crise dans l’est de la RDC et souligné la nécessité de mener une enquête crédible, indépendante et centrée sur les victimes.
Intervenant au nom du gouvernement de la République démocratique du Congo, Samuel Mbemba Kabuya, ministre des Droits humains, a salué l’opérationnalisation de cette Commission. Il a également exprimé les attentes de la RDC quant au travail que mènera cet organe d’enquête des Nations Unies, dans un contexte marqué par des accusations de violations massives des droits de l’homme attribuées à la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda dans les zones placées sous son contrôle.
"Les violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu par le Rwanda et ses supplétifs de l'AFC/M23 continuent de susciter des profondes inquiétudes. Il va s'en dire qu'il y a une explosion des cas des violations basées sur les genres entre janvier et mai 2026, des cas des fausses communes. Face à cette situation, la République Démocratique du Congo attend de la Commission qu'elle exerce pleinement son mandat afin d'établir les faits, les qualifier juridiquement, d'identifier les responsables et de formuler les recommandations utiles à la lutte contre l'impunité. Malgré la guerre d'agression imposée à mon pays par le Rwanda, le gouvernement demeure résolument engagé dans la promotion et la protection des droits de l'homme et le renforcement de l'État de droit", a déclaré le ministre Samuel Mbemba au nom de la RDC.
Le gouvernement congolais place également de grands espoirs dans le rapport final de la Commission, qui sera présenté lors de la 66ᵉ session du Conseil des droits de l’homme. Kinshasa souhaite que ce rapport établisse clairement les violations commises, leurs causes profondes, les responsabilités qui en découlent, ainsi que les mécanismes nécessaires pour garantir les droits des victimes.
Pour la RDC, soutenir cette Commission revient à s’engager en faveur des victimes, de la vérité et de la justice internationale.
"La République Démocratique du Congo attend du rapport final qui sera présenté lors de la 66e session du Conseil des droits de l'homme qu'il établisse avec clarté les violations commises, leurs causes profondes, leurs qualifications juridiques et les responsabilités qui en découlent ainsi que les mécanismes appropriés pour garantir aux victimes leurs droits fondamentaux. C'est pourquoi, nous appelons le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'homme, les États membres et les partenaires à garantir à la Commission les ressources adéquates à l'accomplissement de son mandat. Soutenir cette Commission, c'est soutenir la vérité, la justice et la dignité. Pour la République Démocratique du Congo, la paix ne saurait être durable sans vérité et la vérité ne saurait être complète sans justice et la justice ne saurait être effective sans réparation", a-t-il soutenu.
Poursuivant son intervention, Samuel Mbemba Kabuya a affirmé que cette mise à jour orale intervient à un moment où les attentes de millions de victimes congolaises sont tournées vers la recherche de la vérité, de la justice, de la mémoire et de la réparation.
Selon le ministre des Droits humains, cette étape s'inscrit dans le cadre de la collaboration entre le gouvernement congolais et la Commission d’enquête internationale des Nations Unies, conformément au mandat qui lui a été confié par le Conseil des droits de l’homme.
"C'est dans cet esprit que mon pays a pleinement collaboré avec la mission d'établissement des faits et dernièrement la Commission d'enquête indépendante internationale instituée par la résolution S37 dont je salue le déploiement à Kinshasa du 7 au 13 juin 2026 étape importante marquant l'opérationnalisation de son mandat", a-t-il ajouté.
La Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, a été créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 7 février 2025, lors d’une session extraordinaire consacrée à la situation des droits de l’homme dans l’est du pays.
La résolution S-37/1 a chargé la Commission d’enquêter sur les faits, les circonstances et les causes profondes de toutes les violations présumées des droits de l’homme et du droit international humanitaire, notamment celles touchant les femmes et les enfants, celles constituant des violences sexuelles ou sexistes, ainsi que celles commises contre les personnes déplacées ou réfugiées.
Elle est également chargée d’examiner les crimes internationaux potentiels dans le contexte de la récente escalade des hostilités, qui a débuté en janvier 2025 et se poursuit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.
Clément MUAMBA