Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, vendredi 26 juin 2026, la troisième revue de l'accord conclu avec la République démocratique du Congo (RDC) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la deuxième revue de l'accord relevant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie à un nouveau décaissement de plus de 348 millions de dollars américains en faveur du pays.
Selon un communiqué du FMI parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD, la conclusion de la troisième revue du programme appuyé par la FEC permet un décaissement de 190,4 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 258,2 millions de dollars américains. Ce versement porte le montant total des décaissements effectués dans le cadre de ce programme à 761,3 millions de DTS, soit près de 1,03 milliard de dollars américains.
Par ailleurs, précise le communiqué, la deuxième revue du programme soutenu par la FRD donne lieu à un décaissement supplémentaire de 66,6 millions de DTS, équivalant à environ 90,3 millions de dollars américains. À l'issue de la réunion du Conseil d'administration, le Directeur général adjoint et président par intérim du FMI, M. Okamura, a salué la résilience de l'économie congolaise.
"L'activité économique en RDC demeure résiliente, soutenue par la solide performance du secteur minier. L'inflation est restée faible au début de 2026, et la position extérieure a continué de se renforcer, reflétant en grande partie des termes de l'échange favorables", a-t-il déclaré dans le communiqué du FMI.
Le responsable du FMI a toutefois souligné que les perspectives économiques, bien que favorables à court terme, restent exposées à plusieurs risques.
"Les perspectives à court terme demeurent favorables, mais sujettes à des risques importants, notamment la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, l'épidémie d'Ebola en cours, l'accroissement de l'incertitude politique et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient", a-t-il averti.
Le FMI estime également que la consolidation de la stabilité macroéconomique demeure une priorité pour les autorités congolaises.
"Les consultations de 2026 au titre de l'article IV ont souligné l'importance de consolider les acquis durement acquis en matière de stabilité macroéconomique, grâce à une combinaison de politiques plus équilibrée à moyen terme. Cela implique un assainissement budgétaire graduel mais soutenu, une orientation prudente de la politique monétaire, la poursuite de l'accumulation de marges de manœuvre extérieures, ainsi que des réformes structurelles visant à favoriser la diversification des exportations et à assainir l'environnement des affaires", à souligné M. Okamura.
Cette nouvelle approbation s'inscrit dans le cadre des accords conclus entre la République démocratique du Congo et le Fonds monétaire international (FMI), approuvés par le Conseil d'administration de l'institution le 15 janvier 2025. À cette occasion, le FMI avait validé un accord de 38 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), d'un montant de 1 332,5 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 1,729 milliard de dollars américains (125 % de la quote-part du pays), ainsi qu'un accord de 38 mois au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d'un montant de 799,5 millions de DTS, soit près de 1,038 milliard de dollars américains (75 % de la quote-part).
Le programme appuyé par la FEC vise à consolider les progrès réalisés dans le cadre du précédent accord couvrant la période 2021-2024, achevé en juillet 2024. Il ambitionne de préserver la stabilité macroéconomique, d'améliorer l'environnement des affaires, de renforcer la gouvernance et la transparence, ainsi que de favoriser une croissance inclusive. La réalisation de ces objectifs passe notamment par la poursuite des efforts de mobilisation des recettes publiques et l'approfondissement des réformes destinées à moderniser la gestion des finances publiques, avec un accent particulier sur l'efficacité et la redevabilité dans l'utilisation des ressources de l'État.
De son côté, le programme soutenu par la FRD vise à accompagner la RDC dans la mise en œuvre de sa vision de « pays solution » face aux défis de la transition vers une économie mondiale à faible émission de carbone, tout en renforçant sa résilience aux effets du changement climatique.Selon le FMI, cet accord doit permettre au pays de surmonter les défis actuels, de renforcer ses capacités d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques, tout en consolidant son rôle dans la transition écologique mondiale.
Le programme met notamment l'accent sur la protection des vastes forêts tropicales de la RDC, le renforcement de la résilience face aux catastrophes naturelles liées au changement climatique, ainsi que sur une meilleure intégration des enjeux climatiques dans la planification et la gestion des investissements publics.
Clément MUAMBA