La RDC se relève et s'offre une page d'histoire

Les léopards de la RDC
Les léopards de la RDC

Elle a tremblé, douté, puis tout renversé. Menée à la pause par l’Ouzbékistan, la RDC s’est imposée 3-1 au terme d’une seconde période totalement transformée. Une victoire historique, la première des Léopards en Coupe du monde, et synonyme de qualification pour les seizièmes de finale.

Le début de match avait pourtant tout du piège. Dès les premières minutes, l’Ouzbékistan a cru ouvrir le score, avant de voir son but refusé pour hors-jeu. La RDC a tenté de répondre rapidement, avec une frappe de Yoane Wissa dévissée, puis plusieurs récupérations hautes. Mais les Congolais ont vite montré des signes de précipitation.

À la 9e minute, ils ont été punis. Aaron Wan-Bissaka a été pris dans son dos, l’attaquant ouzbek a lobé Lionel Mpasi, avancé, et l’Ouzbékistan a ouvert le score. Dans un match où la victoire était indispensable, le coup était terrible.

La RDC a alors essayé de réagir par Brian Cipenga. Pour sa première titularisation dans ce Mondial, l’ailier a été le Congolais le plus dangereux de la première période. Il a provoqué, débordé, fixé son défenseur et multiplié les centres. Sur l’un d’eux, Nathanaël Mbuku a même cru égaliser à la 16e minute. Mais le but a été annulé par le VAR pour une main au visage d’un défenseur ouzbek, un contact qui a semblé léger.

Cette décision a pesé sur une première période nerveuse. La RDC avait des intentions, mais pas toujours les idées claires. Les lignes étaient souvent trop étirées, les transmissions manquaient de vitesse et le milieu peinait à connecter la défense à l’attaque. Cipenga jouait juste sur sa ligne, mais souvent sans solution. Wissa et Bakambu, eux, touchaient peu de ballons exploitables.

À la pause, les Léopards étaient menés et leur Coupe du monde semblait dangereusement suspendue.

Puis la seconde période a tout changé.

La RDC est revenue avec plus d’intensité, plus de rythme et plus de justesse. Cipenga a encore tenté sa chance de loin, Sadiki s’est montré beaucoup plus présent dans l’entrejeu et Mbuku a commencé à trouver davantage d’espaces entre les lignes. Le ballon circulait mieux. Les Ouzbeks, eux, tentaient de casser le rythme.

La récompense est arrivée à la 66e minute. Wissa a pris le dessus devant un défenseur qui voulait dégager. Penalty. L’attaquant congolais s’est avancé et a transformé avec sang-froid. 1-1. La RDC respirait de nouveau.

À partir de là, un autre match a commencé.

Sébastien Desabre a alors lancé Mukau, Bongonda et Elia, après avoir déjà remplacé Bakambu par Mayele. Ces changements ont transformé le visage des Léopards. Mukau a apporté de la maîtrise. Elia a dynamité la défense. Bongonda a ajouté de la mobilité. Et Mayele a donné ce que la RDC cherchait depuis le début : une présence décisive dans la surface.

À la 77e minute, Meschack Elia a frappé. Le ballon est revenu dans la zone de vérité. Fiston Mayele a surgi pour marquer le deuxième but congolais. En quelques minutes, la RDC avait renversé le match.

La fin de rencontre a alors pris des airs de délivrance. Mbemba a retrouvé son autorité, les défenseurs ont suivi, Sadiki a continué de monter en puissance et Wissa a gratté des ballons précieux entre les lignes. À la 90e minute, l’attaquant a définitivement scellé la victoire. Une première frappe repoussée, une deuxième tentative, et le ballon au fond. Doublé de Wissa. Fimbu. 3-1.

Il restait encore huit minutes de temps additionnel, mais l’essentiel était déjà là. La RDC venait de signer la première victoire de son histoire en Coupe du monde. Une victoire construite dans la douleur, arrachée par les entrants, portée par Wissa et rendue possible par une seconde période enfin à la hauteur de l’enjeu.

Après le nul contre le Portugal et la défaite face à la Colombie, les Léopards ont trouvé le match qu’il fallait gagner. Ils l’ont fait en revenant de loin. Et ils verront les seizièmes de finale.