RDC: « Un championnat s'arrête pour 200.000 dollars, mais on donne 50 millions à Barcelone ? C'est aberrant » (Serge Nkonde)

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Serge Nkonde

C'est l'un des dossiers les plus sensibles du sport congolais. Ce samedi, lors du Live Space X animé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'ancien ministre des Sports Serge Nkonde a pris position sans ambages sur les contrats de sponsoring conclus entre la RDC et de grands clubs européens, le FC Barcelone, l'AC Milan et l'AS Monaco.

Sa position est claire : il n'est pas opposé au principe, mais refuse catégoriquement les montants en jeu. « Quel pays ne voudrait pas que Barcelone porte son nom sur la manche ? C'est normal », a-t-il concédé. Mais au-delà d'un montant symbolique ou raisonnable, la logique s'inverse selon lui et « devient du business ». L'ancien ministre a révélé avoir lui-même conduit des pourparlers avec le FC Barcelone lorsqu'il était au gouvernement, mais dans des proportions très différentes de celles qui font aujourd'hui polémique.

Pour étayer son refus, Nkonde a dressé un constat accablant sur les finances du sport congolais : un championnat national peut s'arrêter net faute de cent à deux cent mille dollars pour couvrir les frais de déplacement des équipes, quand la loi interdit toute flexibilité budgétaire en dehors de la subvention de l'État.

Dans ce contexte, engager trente, quarante ou cinquante millions de dollars au profit de clubs européens parmi les plus riches du monde relève, selon lui, de l'aberration. « Vous avez des enfants à qui vous ne pouvez pas payer les frais de scolarité, et vous allez nourrir ceux du voisin. Ce n'est pas normal », a-t-il tranché. Il a ajouté préférer que ces sommes soient orientées vers les infrastructures, les centres de formation et la régularité de la Linafoot.

Mais c'est peut-être la révélation de fin d'intervention qui retiendra le plus l'attention. Nkonde a confirmé s'être rendu à Monaco et à Milan en délégation parlementaire pour examiner ces contrats de près. Et il a annoncé l'existence d'un rapport déposé à l'Assemblée nationale, dont il a refusé de dévoiler le contenu ce soir. « On en parlera peut-être dans les émissions qui suivront », a-t-il simplement promis, laissant en suspens une bombe à retardement dont l'écho pourrait se faire sentir bien au-delà du terrain sportif.