Lors d'une courte interview accordée mercredi au directeur de publication d'ACTUALITE.CD, Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Moïse Katumbi n'a pas mâché ses mots. Face aux attaques répétées de la coalition au pouvoir contre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le président d'Ensemble pour la République a pris la défense de l'institution catholique avec fermeté.
« Il est absolument inadmissible d'assister à ce déferlement de critiques, à cette méchanceté organisée et à cette campagne de diabolisation contre l'Église catholique », a-t-il déclaré, qualifiant l'institution de « conscience de la Nation » et de « boussole dans la tempête ».
L'ancien gouverneur du Katanga a également dénoncé ce qu'il décrit comme une méthode rodée du pouvoir en place : « Dès que vous osez exprimer un avis contraire, vous êtes immédiatement taxé de complicité avec l'agresseur, traité d'antipatriote. C'est lâche et dangereux. » Avant de rappeler, non sans ironie, que cette même Église « s'est tenue debout pour arracher l'alternance pacifique dont profitent aujourd'hui ceux-là mêmes qui l'insultent ».
Sur la question du changement constitutionnel, Katumbi a haussé le ton. « Nous ne laisserons pas une poignée d'individus prendre en otage tout un peuple pour tripatouiller la Constitution », a-t-il martelé, décrivant le texte fondamental comme « le fruit du sang, des larmes et du consensus » et accusant le régime Tshisekedi de vouloir « s'accrocher indéfiniment au pouvoir malgré un bilan catastrophique ».
« Toucher à l'Église, c'est toucher au peuple. Toucher à la Constitution, c'est déclarer la guerre à la République », a-t-il conclu, promettant d'y « faire barrage ».