Alors qu’une étape clé a été franchie dans le débat autour de la réforme constitutionnelle en RDC avec l’adoption, par les deux chambres du Parlement, de la proposition de loi sur l’organisation du référendum, la question suscite désormais l’intérêt des citoyens de presque toutes les catégories.
À Kinshasa, ACTUALITE.CD a échangé le 16 juin dernier avec les étudiants. Mais pour eux, les priorités sont ailleurs et sont reléguées aux oubliettes.
« Je suis opposé à cette initiative, car elle n'est pas une priorité actuelle. Les problèmes qui devraient être traités en priorité concernent la vie sociale, notamment la sécurité du pays. En parlant de la sécurité, ce n'est pas seulement dans la partie Est. Même ici, à Kinshasa, nous souffrons de l'insécurité », a déclaré Joël Ekofo, étudiant en sciences de l'information et de la communication à l'Université Omnia Omnibus.
Nombreux sont ceux qui estiment que le changement de la constitution n'apportera ni la paix ni le développement. Selon eux, le pays ne souffre pas d'un problème de texte, mais plutôt de la gouvernance des dirigeants.
« Je pense que cette question des réformes constitutionnelles devrait déjà être soulevée au début de mandat du président de la République. Cette période actuelle n'est pas très bien indiquée. Si je pouvais changer une chose dans ce pays, ce serait la manière de gouverner. Le pays a besoin d'une meilleure gouvernance », a affirmé Ruth Kafuti, étudiant en sciences de l'information et de la communication à l' UNISIX (ex-IFASIC).
Pour l'étudiante Franckie Mwanga, ce qui doit être fait est connu. « Je ne crois pas que la constitution soit hostile aux décisions prioritaires qui doivent être prises. La Constitution ne constitue pas un frein pour que ces actes soient posés », a-t-elle souligné, tandis que, de son côté, William Mokombi, étudiant à l'ISAU, a déclaré que s'il pouvait « changer quelque chose dans le pays, ce serait la mentalité des citoyens ».
Ces étudiants ont soulevé plusieurs préoccupations liées à leurs études, comme le manque de bourses, l'absence des opportunités d'emploi ou encore les difficultés de transport. Ils affirment étudier dans beaucoup d'incertitudes, ne sachant pas vers quelles portes frappées après leurs études.
« La révision ou le changement de la constitution ne fait pas partie des priorités du pays aujourd'hui. Les problèmes qui nous préoccupent en tant qu'étudiants sont notamment le manque de bourses, qui sont limitées aux secteurs privés, même si aujourd'hui il y a Excellentia, qui est reconnue comme une initiative publique. L’État devrait en proposer davantage. Il n’existe pas de jobs étudiants, alors qu'un étudiant devrait avoir accès à un emploi pour subvenir à ses besoins, car les parents ne peuvent pas tout prendre en charge », a expliqué Keyla Bofana, étudiante en droit à l'UPC.
Grâce Kabuma, étudiante en sciences de l'information et de la communication, a plaidé pour la création d’opportunités de réussite en faveur des étudiants. « Le Congo est bourré de talents, il manque juste d'espaces. En tant qu' étudiante, j'aimerais que le système éducatif de notre pays soit amélioré, car il ne répond pas en grande partie aux exigences professionnelles », a-t-elle fait savoir.
À l’heure où le pays est divisé par le débat constitutionnel, de nombreux étudiants rappellent que d’autres priorités méritent davantage l’attention des dirigeants, comme la sécurité, l’emploi, le transport, la réhabilitation des infrastructures, l'assainissement de la ville, la lutte contre la corruption, la pauvreté et l’augmentation des salaires des policiers.
Jemira Likofata, stagiaire Université Omnia Omnibus