Procès Tshiwewe, Numbi et consorts : après identification des prévenus, la Haute cour militaire les a informés des griefs retenus et a renvoyé l’affaire au 25 juin

Photo d'illustration
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La première audience de l'affaire opposant l'auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux généraux d'armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, et Christian Tshiwewe, ancien chef d'état-major général des FARDC, ainsi qu'à sept autres officiers supérieurs et à Pascal Nyembo, s'est tenue ce jeudi 4 juin 2026 devant la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo.

L'audience de ce jour, présidée par le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, a permis à la juridiction militaire de procéder à l'identification des différents prévenus. Plusieurs d'entre eux étaient présents et assistés de leurs avocats-conseils. Il s'agit notamment du général d'armée Christian Tshiwewe Songesa, du général-major Maurice Nyembo Kufi, du général de brigade John Ngoy wa Kabila, du général de brigade John Sangwa Muhemedi, du colonel Guy Mukombozi Zahinda, du colonel Pathy Sangwa Lumbu et du colonel Christophe Tshibangu Kenge.

En revanche, le général d'armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du Centre d'expertise, d'évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC), ainsi que le général de brigade John Chinyabuuma Kamukinde n'étaient pas présents à l'ouverture de l'audience devant la Haute Cour militaire. L'auditeur général des FARDC a ainsi requis que le défaut soit retenu à leurs égards.

Selon le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, cette démarche se justifie au regard des dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire congolais, les prévenus concernés étant en fuite.

"Les prévenus Pascal Nyembo Muyumba, John Numbi, tout comme Chinyabuuma, étant en fuite, je requiers qu'il plaise à votre Haute Cour militaire de les poursuivre par défaut, conformément aux prescrits des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire" a-t-il déclaré lors de sa prise de parole à l'étape de l'identification des prévenus.

Au cours de la même audience et sur la base de l'extrait de rôle lu par la greffière, les dix prévenus ont été appelés à répondre à des chefs d'accusation particulièrement graves, notamment : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l'étranger, détention illégale d'armes et de munitions de guerre, ainsi qu'incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Lors du débat général, la proposition de renvoi d'un mois formulée par la Haute Cour n'a pas été favorablement accueillie par les avocats de la défense. Ces avocats ont estimé que leurs clients, après de longues périodes de détention, souhaitaient être fixés sur leur sort dans un délai plus raisonnable. Ils ont également fait valoir qu'un délai plus court leur permettrait de consulter les différentes pièces du dossier.

Cette position a été partagée par l'auditeur général des FARDC. À l'issue des échanges, un compromis a été trouvé et l'affaire a été renvoyée à trois semaines. Selon le premier président de la Haute Cour militaire, la prochaine audience est fixée au jeudi 25 juin 2026 devant la plus haute juridiction militaire de la République démocratique du Congo.

Ce nouveau procès vient allonger la liste des affaires judiciaires impliquant des hauts gradés et officiers généraux des FARDC, dans un contexte marqué par la guerre d’agression menée par le Rwanda à travers la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par Kigali dans l’est de la RDC. Parmi les griefs généralement retenus dans ce type de dossiers figurent notamment le complot, la trahison, l’exécution d’ordres illégaux ainsi que l’accomplissement d’actes ou d’instructions contraires à la loi dans l’exercice de leurs fonctions.

Clément MUAMBA