Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Christopher Ngoy, cadre de la société civile, a apporté un regard nuancé et personnel sur l'évolution des droits de l'homme en RDC.
Fort de son expérience directe des lieux de détention sous Kabila, il a tenu à établir une distinction claire entre les deux époques :
« Je connais tous les cachots, tous les lieux de détention de la ville et de tous les services. Je peux vous dire sans me tromper qu'il y a une évolution. Il n'y a pas des gens qui ont subi ce que nous avons subi à l'époque de monsieur Kabila. Il y a des fosses communes qu'on n'a jamais visitées. »
Citant les cas de Floribert Chebeya et d'Armand Tungulu comme marqueurs des pires heures de la répression passée, il observe aujourd'hui une humanisation tangible des lieux de détention : « Lorsque nous allons visiter les cachots, nous constatons qu'il y a des visites qui s'opèrent pour voir qui est là, qu'a-t-il fait, de quoi lui est-il reproché.
Ce sont des choses qu'on n'a pas vécues à l'époque de monsieur Kabila. » Il nuance toutefois son propos en rappelant que Tshisekedi « n'a pas changé tous les services de sécurité. Il a trouvé les mêmes services et a continué à travailler avec eux. »
Son interpellation la plus forte concerne l'est du pays, qu'il présente comme un angle mort de la société civile :
« Dans les espaces sous occupation, les droits n'existent même pas. Il y a des exécutions sommaires, des viols et tout ce qui est dénoncé. Mais malheureusement dans le corps des défenseurs des droits humains, on ne s'attarde pas beaucoup sur ça. On devrait beaucoup plus parler de ce qui se passe à l'est, qui est inimaginable. »
Il conclut sur une note d'espoir mesuré :
« Beaucoup reste à faire, mais il y a quand même une avancée. On doit le reconnaître. »