CSAC : Bosembe suspend la directive sur les médias étrangers pour harmoniser les modalités de paiement avec le gouvernement

Mis en cause lors du Space animé par Stanis Bujakera Tshiamala et Patient Ligodi sur la directive imposant aux médias étrangers des frais pouvant atteindre 25 000 dollars pour opérer légalement en RDC, le président du CSAC Christian Bosembe a annoncé la suspension temporaire de cette mesure. 

Reconnaissant un problème de chevauchement avec des frais déjà acquittés par les médias auprès d'autres services de l'État, il a indiqué avoir personnellement décidé de surseoir à son application, le temps de trouver un arrangement avec le ministère de la Communication. « Aucun média ne paiera un seul franc pendant que nous sommes en train de discuter », a-t-il affirmé.

Bosembe a néanmoins défendu le bien-fondé du texte, soutenant que l'encadrement des médias étrangers existe dans toutes les démocraties et que le problème n'est pas la directive en elle-même, mais le contexte dans lequel elle a été publiée. Sur la question des sanctions prévues par le document, pouvant aller jusqu'au retrait du signal, il a revendiqué le monopole du CSAC en matière disciplinaire, affirmant que toute décision est prise conformément à la loi, comparant l'institution à un arbitre qui « n'est pas aimé par les deux équipes ».

Signée par le président du CSAC Christian Bosembe Lokando et son rapporteur Kabamba Kasongo Oscar, la directive prévoyait l'obligation pour tout média audiovisuel, écrit ou en ligne étranger souhaitant opérer sur le territoire congolais d'obtenir un avis conforme du CSAC, renouvelable tous les trois ans, moyennant des frais administratifs fixés à 20 000 dollars pour les stations de radio, 25 000 dollars pour les chaînes de télévision et 10 000 dollars pour les médias écrits et en ligne. 

Le texte assortissait ces dispositions de sanctions graduées en cas de non-respect, allant de l'avertissement à la suspension définitive du signal, en passant par des amendes équivalant au quintuple des frais dus. Ces clarifications interviennent après que la directive a suscité une vive controverse, plusieurs médias internationaux et organisations de défense de la liberté de presse y voyant un instrument déguisé de contrôle de la presse étrangère en RDC.