Les forces du progrès, qui est un groupe des jeunes affilié à l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, restent pointées par des Kinois pour des actes de violence par lesquels elles se distinguent dans tout Kinshasa. Malgré ses dénégations sur l'appartenance à l'UDPS de ce que l’opinion qualifie de milice du pouvoir, Augustin Kabuya a dénoncé des actes «inacceptables» de forces du progrès.
Lors d’une réunion publique qu’il a tenue ce jeudi 28 mai au quartier général du parti du sphinx de Limete, à Kinshasa, le patron du parti présidentiel a hurlé sa colère contre la conduite des forces du progrès qui, d’après ses mots, fait «la honte du parti [ UDPS] et du régime» Tshisekedi.
En présence de ses militants, Kabuya a invité publiquement celui qu’il a désigné «président Muselu», à qui il a annoncé une réunion imminente avec ses collaborateurs éparpillés à Kinshasa, en vue de nouvelles orientations avant la prise «d’autres décisions».
« Président Muselu, tu vas appeler tes collaborateurs des forces du progrès puisque j’ai un message à vous transmettre. Parce que ce qui se passe est inacceptable. Avant que je prenne d’autres décisions… Puisque ce qui se passe sur terrain fait la honte du parti et du régime même. Et vous devez faire très attention… », s’est adressé Kabuya à celui qu’il a présenté comme le président des forces du progrès.
À ce jour, les forces du progrès sont présentes dans presque toutes les communes de la ville de Kinshasa, où elles font la loi comme bon leur semble, sous l’œil impuissant de la police. Aux abords de l'avenue des poids lourds, par exemple, elles ont érigé des hangars avec inscription : « Bureau des forces du progrès», sans être inquiétées par les services compétents. Certains les accusent de prélever des taxes dans certains coins de la capitale.
En août 2024, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe avait prononcé la peine capitale pour six prévenus membres de la force du progrès, dans l’affaire de déguerpissement immobilier et de l’attaque de la résidence de Joseph Kabila, dans la commune de la Gombe. Les trois quarts de ceux qui étaient sur le banc des accusés ont été acquittés, les infractions n’ayant pas été ostensiblement établies.
Une année avant, pendant la campagne électorale, les forces du progrès, aujourd’hui indexées pour des attaques des manifestations des opposants, avaient attaqué ,à domicile, Franck Diongo, alors candidat à la présidentielle de décembre 2023. Plusieurs images montraient l’opposant, chemise ensanglantée, sueur dégoulinant le corps, contraint de demander pardon à Félix Tshisekedi au milieu de plusieurs éléments de la force du progrès.
Samyr LUKOMBO