Des chercheurs identifient de nouveaux composés antiviraux actifs contre Ebola dans un extrait végétal

Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration
Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration

Des chercheurs américains et canadiens ont identifié une nouvelle famille de molécules d'origine végétale présentant une activité antivirale contre le virus Ebola Zaïre et le SARS-CoV-2 en laboratoire, selon une étude publiée dans le Journal of Natural Products.

Ces molécules, baptisées dicitriosides, étaient présentes à l'état de traces (moins de 1% en proportion molaire) dans un échantillon commercial d'isoquercitrine, un composé flavonoïde d'origine végétale auquel des études antérieures avaient attribué à tort des propriétés antivirales. Les chercheurs montrent que c'est en réalité ces impuretés, et non l'isoquercitrine elle-même, qui sont responsables de l'activité observée.

En laboratoire, les deux dicitriosides principaux ont inhibé l'infection par le virus Ebola Zaïre et bloqué un mécanisme cellulaire impliqué dans l'infection par le SARS-CoV-2. Leur activité est vingt-cinq fois supérieure à celle de l'échantillon d'isoquercitrine dans lequel ils ont été découverts.

Les auteurs soulignent que ces résultats restent préliminaires. Aucun essai clinique n'a été conduit. La distance entre une activité démontrée en laboratoire et une application thérapeutique chez l'humain est considérable.

L'étude ne porte pas sur le virus Bundibugyo, responsable de l'épidémie en cours en République démocratique du Congo et en Ouganda. Les dicitriosides ne figurent pas parmi les candidats thérapeutiques identifiés par l'OMS dans le cadre de cette épidémie.

L'étude est coordonnée par le Pr Guido F. Pauli et le Dr Majambu Mbikay. Le Pr Pauli est rattaché à l'Institut de pharmacognosie et au département des sciences pharmaceutiques de l'Université de l'Illinois à Chicago. Le Dr Mbikay dirige le Laboratoire de protéolyse fonctionnelle de l'Institut de recherche clinique de Montréal, où travaillent également Annie V. Roy et Michel Chrétien. Daniela Rebollar-Ramos, J. Brent Friesen, Guy Harris, Shao-Nong Chen et James B. McAlpine sont rattachés à l'Université de l'Illinois à Chicago. Michael Chan, Shihua He, Guodong Liu, Wenjun Zhu et Logan Banadyga appartiennent au Programme des pathogènes spéciaux du Laboratoire national de microbiologie de l'Agence de santé publique du Canada à Winnipeg. Un brevet provisoire a été déposé.