RDC : plus de 900 cas suspects d’Ebola et 101 confirmés  selon l'OMS, l’insécurité et la peur freinent les efforts de traçage des contacts en Ituri 

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Plus d’une semaine après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie, la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo se poursuit dans un environnement humanitaire et sécuritaire particulièrement dégradé, notamment dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie.

Selon une communication du Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, faite dimanche 24 mai, les efforts de surveillance ont été intensifiés dans le cadre de la réponse à Ebola en RDC, avec plus de 900 cas suspects identifiés à ce jour, dont 101 cas confirmés.

"Dans la province d'Ituri, épicentre de l'épidémie, près de 5 millions de personnes vivent au cœur d'un conflit persistant. Aujourd'hui, une personne sur quatre a besoin d'une aide humanitaire et une sur cinq est déplacée à l'intérieur du pays. Les violences contraignent les populations à fuir, y compris le personnel de santé et humanitaire. Cela entrave considérablement les efforts visant à intensifier le traçage des contacts d'Ebola et à identifier les infections suffisamment tôt pour prodiguer des soins de soutien", a-t-il fait remarquer dans un message publié sur son compte X.

Le directeur général de l’OMS souligne que l’insécurité et la peur persistantes freinent les efforts de traçage des contacts et retardent l’identification précoce des infections, pourtant essentielle pour assurer une prise en charge rapide des patients. Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette situation alimente également une méfiance au sein des communautés, rendant plus difficile l’adhésion aux interventions sanitaires.

"L'insécurité et la peur persistantes alimentent également la méfiance au sein des communautés. L'OMS et ses partenaires humanitaires du secteur de la santé maintiennent une présence dans tout l'Ituri, y compris dans certaines des zones les plus difficiles d'accès et les plus précaires. Les communautés sont confrontées non seulement à la menace d'Ebola, mais aussi à un large éventail de maladies", a-t-il fait remarquer dans sa communication.

Par ailleurs, le numéro un de l’Organisation mondiale de la santé s’est montré optimiste et a rassuré que ses partenaires du secteur de la santé soutiennent la prestation de soins de santé maternelle, reproductive, néonatale, infantile et adolescente, ainsi que la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère avec complications.

Ils assurent également des services de santé mentale, des soins des plaies et un soutien aux survivants de violences sexuelles, en plus de la fourniture de médicaments et de fournitures médicales. À cela s’ajoutent la vaccination de routine ainsi que les services de santé communautaires.

"La mise en place d'une offre complète de services de santé est essentielle, non seulement pour répondre aux besoins sanitaires urgents, mais aussi pour instaurer la confiance indispensable à une riposte efficace contre Ebola", a souligné le DG de l'OMS.

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits armés, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental compliquent le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux États voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se veulent optimistes et assurent disposer d’une solide expérience dans la lutte contre les épidémies d’Ebola. Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) multiplient les concertations dans le cadre d’une riposte régionale coordonnée destinée à briser les chaînes de transmission

Clément MUAMBA