Ebola : Washington s’engage à soutenir la riposte en finançant jusqu’à 50 centres de traitement en RDC et en Ouganda

Photo ACTUALITE.CD.

Les États-Unis suivent de près la situation épidémiologique en République démocratique du Congo, marquée par la résurgence de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la partie est du pays. C’est dans ce cadre qu’après une première enveloppe, Washington s’engage une nouvelle fois à soutenir rapidement la riposte à l’épidémie d’Ebola en finançant jusqu’à 50 centres de traitement, ainsi que les coûts de première ligne associés, mis en place dans les régions touchées de la RDC et de l’Ouganda.

D’après le communiqué du Département d’État consulté ce mercredi par ACTUALITE.CD, ces centres, déployés rapidement, permettront aux partenaires opérationnels d’établir des soins cliniques et des périmètres de confinement autour des zones affectées. Ils assureront le dépistage d’urgence, le triage et l’isolement des personnes atteintes d’Ebola.

Pour ce portefeuille stratégique américain dirigé par Marco Rubio, cet engagement financier des États-Unis permettra d’accélérer la fourniture de soins médicaux de première ligne, d’une aide humanitaire vitale et de capacités essentielles de réponse aux épidémies aux communautés les plus exposées.

"Ce financement américain progressif et rapide stimulera l'expansion des capacités de traitement d'urgence, renforcera les opérations sur le terrain et accélérera la distribution d'équipements de protection, de diagnostics et de services de santé essentiels là où ils sont le plus nécessaires. L'expérience des précédentes épidémies nous a appris que la capacité des partenaires à intensifier rapidement les efforts de confinement et de traitement dans les régions touchées est le facteur déterminant pour garantir une réponse efficace et empêcher la propagation de la maladie" explique le Département d'État américain

Pour le Département d’État, cette annonce de financement supplémentaire, dès les premiers jours de l’épidémie, envoie un message clair : les États-Unis sont fermement engagés à garantir une riposte efficace, rapide et menée en collaboration avec les principaux partenaires humanitaires et sanitaires internationaux. Selon Washington, les personnels de santé et humanitaires déployés en première ligne doivent savoir que les États-Unis les soutiennent pleinement et mobilisent en urgence toutes les ressources disponibles pour appuyer les équipes soignantes et les efforts de riposte.

Le Département d’État promet de continuer à travailler en étroite collaboration avec les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l’agence fédérale chef de file de cette réponse, afin de mobiliser ses ressources mondiales pour soutenir la lutte contre cette épidémie, tout en donnant la priorité à la protection des Américains et du territoire américain.

"Les États-Unis achemineront ces fonds principalement par le biais des Fonds centraux d'intervention d'urgence (CERF), mécanismes de financement commun administrés par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), en s'appuyant sur notre partenariat historique avec l'OCHA afin de fournir une aide vitale plus rapidement, plus efficacement et de manière plus transparente. Nos réformes conjointes ont permis à l'OCHA de respecter un calendrier de décaissement record pour notre tranche de financement de décembre 2025 – une rapidité d'exécution à grande échelle qui sera essentielle pour garantir que les ressources parviennent en première ligne durant ces premiers jours critiques de la riposte à cette épidémie"souligne Washington via le Département d'État américain

Vingt-quatre heures après sa déclaration officielle comme 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.

Cette épidémie de maladie à virus Ebola survient dans une zone du pays marquée par de graves violences contre les populations civiles, attribuées aux rebelles des ADF, qui continuent de semer la désolation parmi les civils malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et les forces ougandaises. À cela s’ajoute l’activisme de plusieurs milices locales, notamment la CODECO, le groupe Zaïre, la CRP et d’autres. Cette situation fragilise davantage le contexte humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs de populations.

Clément MUAMBA