RDC : Denis Mukwege contre l’idée d’un référendum sans les Nord et Sud-Kivu

Denis Mukwege en conférence de presse ce 29 novembre 2023 à Bukavu
Denis Mukwege en conférence de presse ce 29 novembre 2023 à Bukavu

Le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a réagi aux propos du chef de l’État qui déclarait lors de sa dernière conférence de presse que les élections ne seraient pas organisées sans la fin de la guerre dans l'Est du pays.

Au cours d’une interview accordée à Africanews, le gynécologue estime que de la même manière que le Président Tshisekedi écarte la tenue des scrutins de 2028 en raison de l’occupation des provinces du Nord et du Sud Kivu, le référendum doit aussi attendre la fin des hostilités. 

« Il dit qu’on ne peut pas faire les élections, puisqu’il y a deux provinces qui sont en guerre. Si on ne peut pas organiser d’élections pour cette raison, alors on ne peut pas non plus organiser de référendum pour modifier la Constitution, car il faudrait que ces deux provinces puissent également se prononcer », explique Mukwege. 

Alors que Kinshasa attend beaucoup du partenariat conclu avec les USA, dont la sécurité de deux provinces en proie aux offensives des rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda, Denis Mukwege dénonce une «prédation», lorsqu’il affirme que des minerais partent vers Washington, mais que la sécurité n’est toujours pas palpable dans l’est.

« En ce qui concerne les minerais, il y a déjà des lots de minerais qui partent, mais en contrepartie, nous n’avons pas la sécurité. Et donc, c’est une diplomatie qu’on pouvait qualifier de transactionnelle au départ, mais aujourd’hui ça ressemble plutôt à de la prédation, puisque nous, nous donnons, mais en retour nous ne recevons pas la sécurité souhaitée », fustige le prix Nobel congolais. 

Pendant sa conférence de presse du 6 mai dernier, le chef de l’État congolais avait affiché sa volonté de bien terminer, «le plus rapidement possible», la guerre qui déchire l’Est de la RDC, et organiser les élections de 2028, dont il a aussi affirmé la disponibilité des ressources. 

« Regarder en Ukraine, ça fait deux ans qu’il y aurait dû avoir des élections, mais le monde entier a compris que Monsieur Zelensky ne pouvait pas les organiser. Comment il va les organiser en ayant un couteau sur la gorge », avait-il soutenu.

Samyr Lukombo