L’Initiative Bonne Gouvernance et Droits Humains (IBGDH) soutenue par les médias Uwazi et Sauti Ya Lualaba demande au gouvernement congolais d’ordonner l’arrêt immédiat des activités de la société Ruashi Mining à Kolwezi, au cœur de la province du Lualaba. C’est le message des communautés riveraines porté ce jeudi 14 mai 2026 par Maitre Donatien Kambola, Coordonnateur de l’IBGDH.

Il explique que les habitants des cellules Dilungu, Bel-Air et Jacques Masengo, situées dans le quartier Biashara dans la commune de Dilala, subissent les effets négatifs des activités de l’entreprise minière Ruashi Mining, filiale du groupe Metorex appartenant au groupe chinois Jinchuan. Il s’agit de pollutions multiples liées aux activités minières : pollution de l’air, de l’eau et du sol, mais aussi nuisances sonores.
Le constat sur place montre des effets sur la santé. Certains habitants évoquent des problèmes respiratoires, des épisodes de toux persistante, des saignements nasaux ou encore des irritations cutanées. D’autres mentionnent la dégradation rapide de certaines toitures ou des odeurs jugées incommodantes dans le quartier.
Pour ce faire, Me Maitre Donatien Kambola a appelé à une action coordonnée impliquant les autorités compétentes, les acheteurs, les institutions financières et les actionnaires de l’entreprise exploitante afin de restaurer un cadre de vie sain et durable.
« Nous avons sollicité la délocalisation comme mesure conservatoire. C’est vrai que l’entreprise emploie beaucoup de Congolais, mais comme vous le savez la vie humaine n’a pas de prix. Ce n’est pas parce que Ruashi Mining emploie beaucoup de personne que nous devons sacrifier la vie des autres qui n’ont rien à avoir avec ses activités. Il faut suspendre les travaux d’essai de Ruashi afin de corriger trouver une solution à cette situation des populations. Ces travaux doivent être suspendus jusqu’à ce que toute la population soit délocalisée dans le respect de la loi », a-t-il déclaré au cours d'une Conférence de presse tenue à Kinshasa.
Et de conclure :
« Les populations victimes de Ruashi Mining exige de la justice climatique et méritent la solidarité des tous les acteurs concernés par la chaine d’apprivoisement de l’entreprise Ruashi Mining. »
Pour l’IBGDH, la situation de Ruashi Mining bien qu’isolée soulève la question du respect des normes environnementales et sociales dans les zones d’exploitation minière. L’organisation estime que les communautés concernées ont souvent des difficultés à faire entendre leurs préoccupations, notamment face aux entreprises minières ou aux autorités publiques.
Des recommandations adressées aux autorités et aux entreprises
À l’issue de son enquête, l’IBGDH formule plusieurs recommandations à l’attention des autorités congolaises et des acteurs impliqués dans la chaîne de valeur du cuivre et du cobalt. L’organisation appelle notamment le gouvernement central, la Première ministre Judith Suminwa et les autorités provinciales du Lualaba à renforcer les mécanismes de contrôle des activités minières et à mettre en place des études épidémiologiques régulières dans la ville de Kolwezi. Elle recommande également l’instauration de zones interdites aux activités minières afin d’éloigner les populations des sites d’exploitation, ainsi que la mise en place de mesures conservatoires pour réduire les nuisances environnementales signalées dans le quartier Biashara.
De son côté, l’entreprise Ruashi Mining est invitée à prendre des mesures correctives et réparatrices pour limiter les impacts environnementaux et sanitaires, ainsi qu’à impliquer davantage les communautés locales dans les études d’impact environnemental et social. Enfin, les organisations de la société civile impliquées dans l’étude affirment vouloir poursuivre leur plaidoyer en faveur d’une exploitation minière « socialement responsable », qui tienne compte à la fois des impératifs économiques et de la protection des populations vivant à proximité des sites miniers.