RDC : 29 détenus décédés dans les prisons de Beni et Butembo au premier trimestre 2026

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Au total, 29 détenus sont décédés au cours du premier trimestre 2026 dans les prisons urbaines de Beni et Butembo, selon un rapport de monitoring publié lundi 20 avril par le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO).

Le rapport met en évidence plusieurs facteurs à l’origine de cette situation, notamment le surpeuplement carcéral, le retard dans le paiement de la subvention destinée aux établissements pénitentiaires et la lenteur dans le traitement judiciaire des dossiers. Il relève également que la majorité des détenus incarcérés dans ces prisons n’ont jamais été jugés.

À la prison centrale de Kakwangura à Butembo, la population carcérale s’élève à 1 311 détenus, alors que neuf décès y ont été enregistrés depuis le début de l’année. Dans la ville de Beni, la prison centrale de Kangbayi a recensé 20 décès au cours du premier trimestre 2026. En revanche, aucun décès n’a été signalé à la prison de Lubero depuis le début de l’année.

Le rapport signale par ailleurs un problème de malnutrition particulièrement préoccupant à la prison centrale de Kangbayi à Beni. 

Les établissements pénitentiaires de Beni et de Butembo font face aux mêmes difficultés structurelles, notamment le surpeuplement, l’insuffisance de moyens de fonctionnement et les retards dans la prise en charge financière par l’État.

Le REDHO dresse également un état des lieux global des prisons du grand nord de la province du Nord-Kivu. Au total, 3 310 détenus, dont 110 femmes, sont incarcérés dans les prisons centrales de Beni, Butembo et Lubero. La prison de Beni demeure la plus peuplée avec 1 979 détenus, suivie de celle de Butembo avec 1 311 détenus, tandis que la prison de Lubero héberge seulement 20 pensionnaires.

Le rapport souligne que les détenus vivent dans des conditions jugées presque inhumaines, caractérisées par le manque de rations alimentaires, de médicaments et d’autres biens de première nécessité. Sur l’ensemble des détenus recensés, seuls 740 ont déjà été condamnés, tandis que les autres restent en détention préventive.

Face à cette situation, le REDHO recommande l’accélération de l’instruction des dossiers par les juridictions civiles et militaires, ainsi que la libération des détenus poursuivis pour des faits bénins. L’organisation plaide également pour la construction de nouveaux lieux de détention afin de désengorger les prisons existantes.

En février dernier, la société civile du territoire de Beni avait déjà alerté sur le surpeuplement extrême et l’absence de moyens de fonctionnement à la prison centrale de Kangbayi. De son côté, la prison centrale de Kakwangura, initialement construite pour accueillir 200 personnes, héberge actuellement près de 1 366 détenus, soit plus de six fois sa capacité initiale

Josué Mutanava, à Goma