Nord-Kivu : Kalembe et Kalonge sous la menace permanente des incursions armées de wazalendo

Photo d'illustration
Photo d'illustration

La situation sécuritaire reste préoccupante dans les agglomérations de Kalembe (territoire de Masisi), et Kalonge (territoire de Walikale), situées à la lisière de ces deux entités du Nord-Kivu. Depuis plusieurs semaines, ces localités vivent au rythme des incursions répétées des groupes des wazalendo, plongeant les populations civiles dans une insécurité constante.

Selon plusieurs sources locales, les wazalendo auraient établi leur quartier général à proximité immédiate de ces deux villages. Une position stratégique qui leur permet de mener des attaques nocturnes quasi régulières contre Kalembe et Kalonge. Rien que la semaine dernière, au moins trois assauts ont été signalés, souvent accompagnés de pillages systématiques.

Sur place, la vie quotidienne est devenue un véritable calvaire. Les habitants, tout comme les déplacés venus chercher refuge dans ces zones supposées plus sûres, vivent désormais dans une peur permanente. 

"Nous ne dormons plus la nuit. Au moindre bruit, chacun cherche à fuir dans la brousse", confie un habitant de Kalonge. 

Un autre déplacé à Kalembe indique qu'il ne sait plus où aller. "Nous avons fui les combats ailleurs pour venir ici, mais aujourd’hui, nous sommes encore pris au piège. Nous ne savons plus où aller".

Des détonations d’armes lourdes et légères, devenues fréquentes, entretiennent un climat de psychose généralisée. Certaines familles passent leurs nuits à la belle étoile ou cachées dans la végétation environnante, craignant des incursions soudaines. 

L’accès à la nourriture, aux soins de santé et à l’eau potable devient de plus en plus difficile, aggravant davantage la précarité des conditions de vie.

"Nos enfants ne vont plus à l’école. Nous vivons sans assistance, sans sécurité, sans espoir", déplore une mère de famille déplacée. Comme elle, de nombreux habitants appellent à une intervention urgente des autorités pour rétablir la paix dans la zone.

Suite à cette situation alarmante, les populations de Kalembe et Kalonge lancent un cri de détresse. Elles exhortent les autorités compétentes à prendre des mesures concrètes pour sécuriser ces agglomérations et permettre aux déplacés de regagner leurs milieux d’origine, aujourd’hui encore marqués par les affrontements opposant les rebelles de l’AFC/M23 aux FARDC, appuyées par les wazalendo.

En attendant, la peur continue de dicter le quotidien de milliers de civils, pris au piège d’un cycle de violences sans fin.