Sud-Kivu : 713 nouveaux réfugiés congolais de retour du Burundi, portant le total à plus de 42 000 

Refugiés congolais arrivant au Burundi. PH.HCR
Refugiés congolais arrivant au Burundi. PH.HCR

Au total, 42 982 réfugiés congolais en provenance du Burundi ont regagné le pays via la province du Sud-Kivu. C’est ce qu’a révélé le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue mercredi 15 avril sous la direction du Chef de l'État Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine.

D’après la note d’information du ministre ayant dans ses attributions la gestion de l’administration territoriale et de la sécurité nationale, ce retour a été rendu possible grâce à la réouverture du poste frontalier de Kamvivira. Cette réouverture a occasionné, au 13 avril 2026, le retour de 713 réfugiés congolais en provenance du Burundi, l’un des pays limitrophes de la RDC.

"Il a été évoqué la situation aux frontières particulièrement celle avec la République du Burundi ou 713 compatriotes sont rentrés le 13 avril 2026 de part le poste frontalier de Kamvivira dans la ville d'Uvira. Depuis la réouverture de cette frontière le 23 février 2026,les statistiques de la Commission nationale des Réfugiés (CNR) indiquent 42.982 réfugiés rentrés au pays", rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.

Les violents combats entre la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales qui ont précédé la chute de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, avaient énormément contribué à la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire, avec des répercussions sur certains États voisins de la République Démocratique du Congo. L’un des pays les plus touchés demeure le Burundi, qui a accueilli d’importantes vagues de réfugiés en provenance de l’Est de la RDC

Dans ce contexte, le gouvernement congolais, avec à sa tête la Ministre d’État, ministre des Affaires sociales et des Actions humanitaires, Ève Bazaiba Masudi, avait conduit une mission humanitaire au Burundi et en Tanzanie. L’objectif était de rencontrer ces Congolais réfugiés pour leur apporter un message de réconfort, fournir l’assistance du gouvernement, renforcer la coordination de l’aide avec les pays d’accueil, et évaluer la situation en collaboration avec d’autres partenaires et organisations, telles que l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Ce retour des populations intervient à la suite de la cérémonie symbolique marquant la relance des échanges transfrontaliers, après plusieurs mois de fermeture consécutifs aux tensions sécuritaires liées aux activités de l’AFC/M23.L’arrivée de la délégation gouvernementale, qui avait présidé cette cérémonie d’ouverture de la frontière, s’inscrit également dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des actions visant à restaurer l’autorité de l’État. Ces actions ont été engagées depuis le retrait de la rébellion de l’AFC/M23, consécutif aux pressions américaines exercées sur ce mouvement ainsi que sur son parrain, Kigali.

Cette évolution de la situation sur le terrain intervient à la suite de la tournée de la commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises ainsi que de l’égalité, Hadja Lahbib. Elle a bouclé sa mission humanitaire dans la région des Grands Lacs à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où elle a été reçue, vendredi 20 février, par les dirigeants de la rébellion, conduits par leur coordonnateur politique, Corneille Nangaa. À Kinshasa, Bujumbura, Kigali et Goma, Hadja Lahbib a délivré un message constant : appeler au respect strict du droit international humanitaire par toutes les parties prenantes au conflit.

Ville stratégique dans le dispositif sécuritaire du gouvernement congolais au Sud-Kivu, Uvira était passée sous le contrôle de l’AFC/M23, renforçant ainsi l’emprise de la rébellion dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce verrou sécuritaire est perçu comme un point clé susceptible de faciliter une avancée vers l’espace du Grand Katanga, considéré comme le poumon économique de la RDC.

Clément MUAMBA