L’association des littéraires et des acteurs culturels Bookin (livre à Kinshasa), a organisé ce vendredi 10 avril, au centre culturel Andrée Blouin, une séance d’échange autour d’un tapuscrit de Romanne Kadima, membre de l’association qui s’apprête à publier son tout premier livre.
Cette rencontre a réuni une dizaine de jeunes membres de l’association, des amis ainsi que d’autres invités, dans le but de favoriser des échanges entre passionnés de littérature, en présence de l’auteure elle-même.
Son roman intitulé "Miss Shery" est une aventure assez suffocante à écrire pour l’auteure. Sans entrer dans le contenu de l’ouvrage, le processus d’écriture a duré un peu plus de deux ans, marqué par des périodes de pages blanches et des difficultés d’adaptation à l’université, jusqu’à ce que le livre voie finalement le jour après plusieurs batailles.
Les critiques reçus des membres du club étaient pratiquement les mêmes, prévisibilité de la fin, manque de poésie, histoire et personnages trop parfait, narration congolaise occidentalisée et autres.
« La narration souffre d’un déséquilibre structurel. Les événements majeurs, comme la vente de l’entreprise ou la révélation du statut de Louis, surgissent sans préparation dramatique. Ce qui aurait dû constituer des pivots narratifs devient de simples informations, sans véritable mise en scène. L’effet est immédiat : la tension ne prend pas, ou trop tard », a expliqué le coordonnateur de l’association.
Et d’ajouter :
« Cependant, tout n’est pas à rejeter. Il y a dans ce texte une énergie, une sincérité, une proximité avec le réel qui méritent d’être saluées. Certains espaces, la parcelle, les transports, le marché, sont rendus avec justesse, et témoignent d’un regard attentif sur le social ».
Romanne Kadima a développé très tôt une passion pour la lecture, dès l’âge de 6 ans selon ses souvenirs. Elle a commencé à écrire aux environs de 11 ans, inspirée par les médias, et continue à pratiquer l’écriture de manière régulière.
Bookin est un projet né du constat que les livres et la lecture ne sont pas assez accessibles ni valorisés à Kinshasa, d’où son nom qui vient de “Book” et “Kin”. Au début, il organisait surtout des rencontres, des partages de livres et des activités pour encourager les gens à lire. Avec le temps, Bookin a grandi en lançant des événements, en aidant les auteurs, surtout congolais, et en offrant un espace aux amoureux de la lecture et de l’écriture. Aujourd’hui, c’est une plateforme culturelle qui travaille pour donner le goût de lire et faire émerger de nouveaux lecteurs et écrivains.
L’initiative de cette association porté par Joyeux Ngoma, auteur et écrivain congolais, président et coordonnateur de Bookin, est donc dans le cadre de valoriser les œuvres littéraires à travers des critiques, des échanges autour des livres et des discussions directes avec les auteurs. Le club regroupe des passionnés de culture en général, et ne se limite pas uniquement à la littérature. Il a mentionné la présence de peintres, de slameurs et d’autres acteurs culturels au sein de l’association.
Lina Muyumba, stagiaire UCC