RDC : Simon Kimbangu, plus d’un siècle après, un héritage toujours vivant

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Des Kimbanguistes

Chaque 6 avril, les fidèles de l’Église kimbanguiste commémorent le début du ministère de Simon Kimbangu. Cette date, devenue un symbole de foi, de libération et de conscience africaine, est une journée chômée et payée en RDC sous l’appellation depuis 2023 de « Journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine ».

Plus d’un siècle après, cet héritage spirituel continue de vibrer dans les cœurs des fidèles, qui expriment leur ferveur et leur attachement à cette tradition.

« J’ai choisi l’Église kimbanguiste parce que c’est véritablement mon chemin, la vraie Église. J’y suis le Dieu de mes ancêtres. D’autres prient des dieux étrangers, mais nous prions le Dieu de nos ancêtres, qui est le vrai chemin pour sauver mon âme », témoigne une dame.

De son côté, Jeancy Smith, scout kimbanguiste, rappelle qu’en 1910, Simon Kimbangu avait prédit à un proche qu’il serait reconnu à travers le monde. Selon lui, cette prophétie s’est réalisée grâce à son troisième fils, Joseph Diangienda Kuntima, qui a contribué à faire connaître son nom à l’échelle internationale.

Il revient également sur un épisode marquant : « Alors que nous étions encore sous domination coloniale, Papa Simon Kimbangu prêchait qu’un jour les Blancs deviendraient noirs et les Noirs deviendraient blancs. Il ne s’agissait pas d’une question de couleur de peau, mais de travail et de responsabilité. C’est notamment à cause de ces paroles qu’il a été arrêté et emprisonné pendant 30 ans », raconte-t-il.

Du côté des femmes, la pasteure Marceline rend hommage à Maman Mwilu, épouse de Simon Kimbangu, pour son rôle déterminant dans la survie et l’expansion de l’Église.

« Sans elle, l’Église n’aurait pas existé. Pendant les 30 années d’emprisonnement de Papa Simon Kimbangu, c’est elle qui a tenu les rênes. Grâce à son engagement, les femmes occupent aujourd’hui une place importante au sein de l’Église », souligne-t-elle.

Jeansmi Titi, fidèle et membre des Flûtistes kimbanguistes, salue comme une reconnaissance du combat de Simon Kimbangu dans l’établissement du jour férié le 6 avril. Il exprime également le souhait de voir le chef de l’État participer régulièrement aux célébrations à Nkamba, aux côtés des responsables de l’Église.

« Si vous me demandez pourquoi j’ai choisi cette Église, la réponse est simple : Papa Simon Kimbangu est venu pour la libération du peuple noir. Étant moi-même noir, je ne peux choisir ni un autre Dieu ni une autre Église », affirme-t-il.

Dans ce contexte de reconnaissance nationale, le chef de l’État a annoncé, dans un message prononcé cet après-midi, l’élévation de la cité de Nkamba au statut spécial de « ville sainte ».

Né à Nkamba en 1887, Simon Kimbangu a lancé le 6 avril 1921 un mouvement spirituel et social sans précédent en République démocratique du Congo. Ses guérisons miraculeuses et son message d'émancipation pour l'homme noir provoquent rapidement son arrestation par les autorités coloniales belges dès septembre 1921.

Condamné à perpétuité, il endure 30 ans d'isolement à Lubumbashi jusqu'à sa mort en 1951, devenant un symbole de résistance. Son héritage survit à travers l'Église kimbanguiste.

Lina Muyumba, stagiaire UCC