Les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) ont mené une nouvelle attaque dans la nuit de dimanche 5 avril dans plusieurs quartiers du centre de Mambasa, notamment PK2, PK3 et PK4, situés sur l’axe Mambasa-Dingbo.
Selon Jospin Mbowa coordonnateur de la société civile, plusieurs civils ont été enlevés lors de cette incursion et contraints de servir de porteurs pour les assaillants. De nombreuses personnes ont été également blessées, des boutiques pillées et des maisons incendiées, selon les informations recueillies.
"Un présumé combattant ADF a été intercepté puis lynché par des habitants en colère au rond-point de Mambasa, illustrant le niveau de tension extrême qui règne actuellement dans cette zone. Le bilan provisoire fait état de trois civils blessés ; au moins 15 boutiques ont été ciblées, leurs portes forcées avant d’être pillées puis incendiées. Une maison a également été brûlée au niveau de PK4, aggravant les pertes matérielles dans cette attaque", a indiqué Jospin Mbowa.
Cette attaque qui intervient dans une zone urbaine renforce l’inquiétude quant à une insécurité persistante dans la région de Mambasa.
L'armée dit avoir riposté à l’attaque et tué cinq assaillants. "Il y a cinq ADF tués dont l'un par la population. Et la situation sécuritaire est actuellement sous contrôle des FARDC. Des opérations de ratissage et de poursuite se poursuivent afin de traquer les éléments en fuite", a confié le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée en Ituri.
Après les récentes tueries lors de l’attaque perpétrée la semaine dernière par les ADF ayant fait plus de 45 morts parmi les civils dans le territoire de Mambasa, une perception est de plus en plus partagée : celle d’une région désormais exposée, où l’insécurité gagne du terrain malgré la présence des forces de sécurité.
Depuis le début de l'année 2026, le territoire de Mambasa subit une intensification des attaques ADF. Bien qu'un décompte officiel total centralisé ne soit pas disponible, les différents rapports documentent au moins six vagues d'attaques majeures.
Freddy Upar, à Bunia