Ebola Bundibugyo : la course aux vaccins est lancée

Illustration
Photo d'illustration

Face à l'épidémie d'Ebola Bundibugyo qui frappe la RDC et l'Ouganda, la communauté scientifique internationale se mobilise en urgence pour combler le vide vaccinal qui dure depuis le début de l'actuelle souche. 

Trois candidats vaccins sont désormais envisagés en développement accéléré et simultané, a annoncé mardi. Jean Kaseya, DG d'Africa CDC. Le premier est un vaccin à ARN messager spécifique à la souche Bundibugyo, dont la technologie, éprouvée lors de la pandémie de Covid-19, pourrait permettre une disponibilité en environ trois mois.

Le deuxième est le vaccin ChAdOx développé par l'Université d'Oxford, dont la fabrication serait accélérée. Le troisième, le VSV-BDBV, actuellement au stade académique à l'Université du Texas, devrait être transféré vers une production aux normes pharmaceutiques internationales (GMP) pour pouvoir être déployé à grande échelle.

En parallèle, le comité consultatif technique sur les vaccins se réunit ce mercredi pour examiner si les vaccins existants pourraient être utilisés en attendant. Deux options sont à l'étude : l'Ervebo de Merck, approuvé contre la souche Zaïre et largement utilisé lors des épidémies précédentes en RDC, et le vaccin expérimental contre Ebola Soudan, déployé avec succès lors de l'épidémie de 2022.

Si l'Ervebo a démontré une efficacité élevée chez l'homme contre la souche Zaïre, les études menées sur des primates non humains contre la souche Bundibugyo n'ont pas montré une protection suffisante. Quant au vaccin Ebola Soudan, des études ont démontré qu'associé en primovaccination puis en rappel avec l'Ervebo, il offrait une protection très élevée, une piste que les experts examinent avec attention.

L'absence de vaccin contre la souche Bundibugyo illustre une fois de plus ce qu'Africa CDC qualifie d'« injustice structurelle » dans l'innovation en santé mondiale.