Scène de maltraitance contre une femme à l’hôpital : Denise Nyakeru et d’autres voix s’élèvent pour réclamer justice

ACTUALITE.CD

Une vidéo partagée en boucle cet après-midi montre un médecin en train de maltraiter une femme à poil après son accouchement, lui infligeant plusieurs gifles aux cuisses, la menaçant verbalement pour l’obliger de s’allonger sur la table d’accouchement alors qu’elle saignait.

D’après des témoignages, cette séquence qui ne cesse de susciter l’onde des chocs dans l’opinion, s’est déroulée à l’hôpital général de Kinkole, situé dans la commune de la Nsele à Kinshasa. 

En plus d’innombrables messages de condamnation qui pleuvent sur les réseaux sociaux, le ministère des droits humains a aussitôt publié un communiqué dans lequel il condamne également ce qu’il qualifie « des traitements inhumains et dégradants » infligés à cette femme dont l’identité reste encore floue. Il dit avoir eu les identités des auteurs de ces actes et sont « portées à la connaissance des autorités judiciaires ». 

Dans ce contexte d’angoisse généralisée, Sauvons la corporation médicale, une ONG regroupant des médecins Congolais, a vite annoncé une plainte contre le docteur identifié au nom de David Balanganayi, pour manquement grave à la déontologie médicale et violences physiques sur une patiente.

Sur X, la première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi condamne, comme tout le monde, des faits portant atteinte à la dignité humaine et aux droits les plus fondamentaux d’une femme en situation de grande vulnérabilité. Elle adresse, par ailleurs, un plaidoyer auprès des autorités judicaires, de la santé et des droits humains « afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que la victime bénéficie d’une prise en charge appropriée, que les responsabilités soient établies et qu’une réponse rapide, rigoureuse et exemplaire soit apportée. Justice doit être rendue ».

« À cette femme, victime de ces actes ignobles, j’adresse mes pensées les plus sincères, toute ma compassion et mon plein soutien », écrit l’épouse du chef de l’Etat.

Au parlement aussi, des voix s’élèvent. La rapporteur du Sénat, Neffertiti Ngudianza soutient, comme nombre de personnes sous le choc, la radiation du docteur David Balanganayi pour sa violence « d’une incongruité inacceptable », mâtinée de « la banalisation », du « silence » ainsi que de « la légèreté collective ».

« C’est une question de dignité humaine. La vidéo virale, en salle d’accouchement, est d’une violence et d’une incongruité inacceptables. Ce qui choque encore plus ? La banalisation. Le silence. La légèreté collective. Minimum : la radiation ! », a-t-elle exigé ce jeudi 26 mars sur son compte X. 

Pour le docteur Momat Kitenge, ancien ministre et l’un des premiers à avoir sonné l’alerte sur la toile, ces actes lèvent les voiles de « la faillite morale, déontologique et institutionnelle de certains acteurs du système de santé ».

« De tels agissements ne sauraient être considérés comme de simples écarts professionnels : ils relèvent d’une véritable criminalité médicale engageant la responsabilité pénale, ordinale et administrative de tous les protagonistes, du médecin violent aux infirmières complices, jusqu’aux diffuseurs de ces images et à la structure sanitaire impliquée », souhaite-t-il, tout en appelant la justice, les ordres professionnels et le ministère de la santé à agir « avec exemplarité ».

Entre-temps, des sources indiquent, à ACTUALITE.CD, que le dossier se trouve actuellement au niveau de l’inspection générale de la santé. « L’inspecteur général de la santé a effectué lui-même une descente à l’hôpital de Kinkole cet avant-midi. Nous allons exécuter les ordres qui seront donnés », confie Gode Mona, Inspecteur provincial de la santé, à ACTUALITE.CD.

Samyr LUKOMBO