Les attaques de drones visant récemment la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu et ayant notamment occasionné la mort d’une humanitaire française et de travailleurs de l’UNICEF continuent de susciter des réactions dans les sphères internationales, comme c’est le cas ce jeudi 26 mars au Conseil de sécurité de l’ONU avec à l’ordre du jour la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Intervenant au nom du Royaume-Uni, Mme MacNaughtan, ministre conseillère, a condamné ces attaques de drones visant la ville de Goma. Dans son exposé, elle a déploré la détérioration de la situation humanitaire dans cette partie de la RDC et a rappelé l’urgence ainsi que la nécessité de rouvrir l’aéroport international de Goma afin de permettre la reprise des vols humanitaires.
" Nous condamnons la multiplication des frappes de drones contre les civils, notamment les travailleurs humanitaires, et les infrastructures civiles, et présentons nos condoléances aux victimes de l'attaque de drone du 11 mars. Nous exhortons toutes les parties à assurer la protection des civils et à permettre un accès humanitaire complet et sans entrave, conformément au droit international. Nous appelons également les parties à permettre la réouverture complète de l'aéroport de Goma afin de permettre les vols humanitaires ", a déclaré Jennifer MacNaughtan, ministre conseillère du Royaume-Uni, lors de cette réunion du Conseil de sécurité sur la RDC.
Au nom du Royaume-Uni, elle a exprimé sa profonde préoccupation face à la crise humanitaire et de protection qui perdure dans l’est de la RDC, notamment en raison des violences sexuelles généralisées liées au conflit. Saluant le leadership et les efforts de médiation des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine en vue d’instaurer une paix durable dans l’est de la RDC, la représentante du Royaume-Uni à l’ONU a appelé les parties à s’engager pleinement dans ces processus de médiation et à veiller à ce que, point crucial, les progrès accomplis dans les négociations se traduisent par des améliorations concrètes de la sécurité sur le terrain.
À Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le 20 février, Corneille Nangaa, Coordonnateur politique de l'AFC/M23 a voulu corriger une image. Celle d’un mouvement accusé de bloquer la réouverture de l’aéroport international, infrastructure stratégique fermée depuis l’occupation de la ville par l’AFC/M23 fin janvier 2025. Devant la commissaire européenne Hadja Lahbib, puis face à la presse, le coordonnateur politique de la rébellion a assuré que les « premiers demandeurs » de la réouverture étaient les autorités présentes à Goma, c’est-à-dire son mouvement.
Si l’aéroport reste fermé, a-t-il expliqué, c’est en raison de « contraintes d’ordre sécuritaire, technique et surtout administrative ». Il a regretté que les partenaires internationaux « aient toujours toqué à la mauvaise porte », en s’adressant à Paris, à Kinshasa ou en évoquant Kigali, alors que, selon lui, les « autorités gardiennes » du site se trouvent à Goma. Signe d’une inflexion, l’AFC/M23 dit désormais accepter « le principe » de discussions sur le processus d’ouverture, « en tenant compte des contraintes » liées à l’espace qu’il contrôle.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma et le personnel humanitaire a relancé, une fois de plus, le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents recensés en décembre 2025.
Clément MUAMBA