UNESCO/GEM Rapport 2026 : la RDC présente la gratuité, la scolarisation des filles et l’alimentation scolaire comme leviers de justice sociale et d’élargissement de l’accès à l’école

Photo d'illustration
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La République démocratique du Congo, par le biais de la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a pris part, mercredi 25 mars 2026, au siège de l’UNESCO, à Paris (France), aux discussions internationales sur l’accès et l’équité en éducation à l’horizon 2030. Cette participation s’inscrivait dans le cadre du lancement du Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2026 (GEM), un événement de haut niveau ayant réuni, dans la capitale française, des décideurs politiques, des experts et des partenaires du secteur éducatif autour des enjeux majeurs liés au financement et à la justice éducative.

Cette édition du Rapport mondial de suivi sur l’éducation est la première d’une série en trois parties intitulée « Compte à rebours vers 2030 », conçue pour faire le point sur les progrès réalisés en matière d’accès et d’équité dans l’éducation (2026), de qualité et d’apprentissage (2027) et de pertinence (2028/2029). Ce lancement est intervenu après la sixième réunion annuelle de la Coalition mondiale pour l’éducation, tenue les 23 et 24 mars.

Prenant la parole aux côtés de ses homologues des Philippines, du Brésil et de l’Espagne, lors d’un panel consacré au financement de l’éducation et à l’équité, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a mis en avant une vision claire : en République démocratique du Congo, le financement de l’éducation constitue avant tout un outil de justice sociale, rapporte la cellule de communication du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté.

 Selon Raïssa Malu, la réforme phare de la gratuité de l’enseignement primaire, progressivement étendue, constitue l’un des plus importants mécanismes de redistribution ou justice sociale du pays.

"La politique de transférer la charge financière des familles vers l’État a permis d’élargir significativement l’accès à l’école, en particulier pour les enfants issus de milieux défavorisés", a fait remarquer la ministre d’Etat, ministre de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu. 

D’après ce membre du gouvernement, le financement de l’éducation en RDC était « privatisé de fait » par les familles à hauteur de 73 %, selon les analyses croisées du RESEN et de la Banque mondiale. Selon Raïssa Malu, le passage à la gratuité représente un transfert de pouvoir d’achat vers les ménages estimé à plus d’un milliard de dollars par an. Par son ampleur et sa rapidité, il s’agit de la politique de redistribution sociale la plus massive de l’histoire de la République.

Au-delà de cette réforme structurelle, Raïssa Malu a également présenté les efforts ciblés du gouvernement congolais en faveur de l’éducation des filles. Elle a notamment évoqué la mise en place de programmes de bourses conçus pour réduire les inégalités de genre en soutenant à la fois les élèves et leurs familles. Ces initiatives visent à lever les obstacles économiques et sociaux qui freinent encore la scolarisation des jeunes filles. La ministre d’État s’est enfin attardée sur le programme national d’alimentation scolaire, présenté comme un levier de justice sociale et d’élargissement de l’accès à l’école.

Face aux défis persistants, notamment dans les zones affectées par les conflits et les déplacements de populations, la ministre d’Etat a insisté sur la nécessité d’adapter les réponses éducatives. Elle a mis en lumière les stratégies déployées par le gouvernement, telles que la création d’espaces temporaires d’apprentissage et la mise en place de mécanismes spécifiques pour garantir la continuité éducative des enfants en situation d’urgence.

Notons-le, le lancement du GEM Rapport 2026 constitue ainsi une étape clé dans le suivi des engagements internationaux en matière d’éducation. Axé sur l’accès et l’équité, ce rapport appelle les États à renforcer l’efficacité et la justice dans l’allocation des ressources éducatives. La participation de la RDC à cette tribune mondiale témoigne de sa volonté de contribuer activement aux réflexions globales sur l’avenir de l’éducation, et de poursuivre ses efforts pour bâtir et consolider un système éducatif congolais inclusif, équitable et résilient.

D’après l’UNESCO, à l’approche de l’échéance de 2030 et alors que le multilatéralisme est mis à rude épreuve, il est essentiel d’utiliser à la fois des données et des récits pour comprendre les différentes trajectoires empruntées par les pays du monde afin d’atteindre l’ODD 4. Cette édition du Rapport mondial de suivi sur l’éducation est la première d’une série en trois parties intitulée « Compte à rebours vers 2030 », conçue pour faire le point sur les progrès réalisés en matière d’accès et d’équité dans l’éducation (2026), de qualité et d’apprentissage (2027) et de pertinence (2028/2029). 

Ensemble, ces trois éditions évalueront comment les systèmes éducatifs peuvent ouvrir des opportunités, renforcer les connaissances et préparer les apprenants à un monde incertain, contribuant ainsi à orienter le débat sur l’agenda post-2030. L’édition 2026 identifie les pays ayant progressé plus rapidement que leurs pairs, mais aussi ceux qui ont moins bien réussi au cours des 25 dernières années, en termes de participation à l’enseignement préprimaire, primaire, secondaire et postsecondaire, notamment en réduisant les disparités liées au sexe, à la localisation, à la richesse et aux situations de handicap.

Clément MUAMBA