Ce soir, la RDC tient sur plusieurs fronts à la fois.
Nord-Kivu : Kazinga tient
Ce matin aux environs de 5 heures, les rebelles de l’AFC/M23 ont lancé une attaque sur le village de Kazinga, dans le territoire de Masisi. Les FARDC et les miliciens wazalendo ont repoussé l’assaut après plusieurs heures de combats. Le contrôle total du village a été rétabli. La situation reste surveillée de près. C’est un nouveau signe que la ligne de front dans le Masisi demeure sous pression, malgré les processus diplomatiques en cours.
Ituri–Tshopo : la peur des ADF fait fuir
À Bembele, à 76 kilomètres de Bafwasende, des habitants ont commencé à fuir ce lundi après l’apparition d’hommes armés non identifiés dans la forêt voisine. La crainte est celle des ADF, actifs dans les territoires proches de Mambasa, où au moins 50 civils ont été tués lors des dernières semaines dans les villages de Muchacha et Babesua. Plus de 7 000 déplacés de Mambasa vivent déjà dans des conditions précaires à Bafwasende. Le nombre de nouveaux fuyards de Bembele n’est pas encore établi.
Masisi : une aide alimentaire, des exclus
Le PAM et Caritas Goma ont distribué ce dimanche une aide alimentaire dans le groupement Bashali Mokoto, en faveur des déplacés et retournés. Une aide saluée par les bénéficiaires, mais qui ne fait pas l’unanimité. Des populations de Kalonge et de Binja — territoires de Walikale et Rutshuru — dénoncent leur exclusion de l’opération. Elles aussi sont victimes de la guerre. Elles demandent à être intégrées dans les prochaines phases de distribution.
Beni : une ville sans motos
À Beni, les taxis-moto ont observé ce lundi une journée ville morte pour protester contre le meurtre d’un des leurs dans la nuit du vendredi au samedi. La circulation a été paralysée sur les principaux axes. Des conducteurs refusant de suivre le mot d’ordre ont été agressés. Cette mobilisation survient dans un contexte d’insécurité croissante dans la ville, après d’autres meurtres signalés les semaines précédentes.
Kinshasa : des robots contre les bouchons
La capitale congolaise cherche toujours une réponse à ses embouteillages chroniques. Women’s Technology, une structure qui promeut l’ingénierie féminine dans les STEM, a formalisé samedi un partenariat public-privé avec la Commission nationale de prévention routière. L’objectif : fabriquer localement des feux de signalisation et des robots de régulation du trafic. Sa fondatrice Thérèse Izay-Kirongozi est lucide sur la portée de la démarche — elle parle elle-même de « doliprane », pas de remède. Le vrai remède, ce sont des routes et une gouvernance urbaine structurelle. Kinshasa, construite pour un million d’habitants, en compte aujourd’hui vingt.
Parlement : vingt ans de Constitution, un contre-pouvoir en sourdine
L’Institut Ebuteli publie ce lundi une analyse sur deux décennies de pratique constitutionnelle en RDC. Le constat est sévère : en vingt ans, une seule motion de censure a abouti, deux motions de défiance adoptées. Entre 2021 et 2025, seuls 22 moyens de contrôle sur 458 déposés ont été activés. La majorité a systématiquement choisi la solidarité politique sur le contrôle. Le Parlement fonctionne davantage comme chambre de soutien que comme contre-pouvoir. La législature en cours, ouverte en 2024, ne marque aucune rupture observable.
Mondial 2026 : un seul match
Le 31 mars à Guadalajara, la RDC joue sa qualification pour la Coupe du Monde — la première depuis 1974, cinquante-deux ans. En face, le vainqueur de Jamaïque–Nouvelle-Calédonie, match prévu ce 26 mars. Les Léopards sont arrivés là en sortant le Cameroun puis le Nigeria au playoff CAF. Un match. Pas de droit à l’erreur.
La phrase du soir
« Les feux de signalisation, c’est comme notre doliprane pour atténuer les embouteillages. » — Thérèse Izay-Kirongozi, fondatrice de Women’s Technology.