RDC: « Il serait extrêmement grave que le fils d'Étienne Tshisekedi entre dans l'histoire comme celui qui aura fragilisé la cohésion nationale et consacré la balkanisation de la RDC », Martin Fayulu

Fayulu
Martin Fayulu

L'opposant Martin Fayulu a tenu ce 8 mai 2026 à Kinshasa une conférence de presse au vitriol, dénonçant ce qu'il qualifie de « tentative de coup d'État constitutionnel » orchestrée par le député Paul Gaspard Ngondankoy à travers sa proposition de loi référendaire, qu'il considère comme un véhicule juridique destiné à permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel.

Pour le président d'Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), la contradiction contenue dans le texte est flagrante : si l'article 6 de la proposition de loi affirme l'intangibilité des articles 218 à 220 de la Constitution, les articles 87 à 90 introduisent, sous couvert de « dysfonctionnement majeur », un mécanisme permettant précisément de contourner ces dispositions verrouillées. Une « porte dérobée », selon lui, que ni un consensus politique, ni une majorité parlementaire, ni même un référendum populaire ne saurait légitimer.

Fayulu a également mis en cause les déclarations du chef de l'État lors de sa conférence de presse du 6 mai, y voyant la confirmation d'une volonté de se maintenir au pouvoir à tout prix. Il s'est interrogé, sans détour, sur un possible instrumentalisation de la guerre à l'est du pays pour justifier un report des élections générales de 2028, posant la question : « À qui profite cette guerre ? »

Invoquant le précédent de janvier 2015, lorsque la mobilisation populaire avait contraint le Sénat à écarter une disposition litigieuse de la loi électorale, Fayulu a appelé les députés à supprimer purement et simplement les articles 87 à 90 du texte incriminé, et a estimé que leurs promoteurs devaient « répondre de leurs actes devant la justice ». Sur un ton solennel, il a conclu en avertissant le président sortant que le peuple congolais, comme il l'avait fait sous Kabila, barrerait la route à tout projet de troisième mandat : « En 2028, qu'il le veuille ou non, il devra partir. »

Samyr Lukombo