Ensemble pour la République, parti politique de l’opposant en exil, Moïse Katumb, a désapprouvé la position affichée de Félix Tshisekedi de changer la Constitution par voie référendaire. Cette thèse du chef de l’État paraît aux yeux d'Ensemble comme une rupture de son serment constitutionnel.
Dans sa déclaration politique ce vendredi 8 mai, le parti de l’ex-gouverneur du Katanga estime que les propos de Félix Tshisekedi, tenus au cours de sa Conférence de presse mercredi dernier, a donné le feu vert à une révision des verrous de notre loi fondamentale.
« […] le régime de Monsieur Félix Tshisekedi ne propose pas une réforme : il organise un coup d'État institutionnel. Il est établi que la Constitution n'a pas trahi le Congo. Ce sont les gouvernants qui ont trahi la Constitution », pense-t-il.
Ensemble pour la République dénonce une forme de « présidence à vie » de Félix Tshisekedi, qui a clairement conditionné l’organisation des élections de 2028 par la fin de la guerre. Ces allégations représentent, pour ce parti politique, « une déclaration de guerre contre le peuple congolais ».
Dans la même tonalité, Ensemble rappelle que le pacte de 2006 a été adopté par référendum à 85%, et que l’invocation actuelle d’un nouveau référendum n’est pas l’expression de la souveraineté, mais la tentative de contourner ce que cette même souveraineté a déjà décidé.
À l’attention du président de la République, qui a déclaré qu’il accepterait un troisième mandat si le peuple le veut, Ensemble réagit : « le nombre et la durée des mandats présidentiels sont intangibles. Tenter d'y toucher, c'est sortir de la légalité républicaine ».
« Ce n'est pas l'article 220 qui empêche de libérer l’Est, c’est l’absence d’une chaîne de commandement efficace et le détournement des fonds destinés aux opérations militaires. La Constitution n’est pas au front ; nos soldats, eux, y sont sans moyens », souligne le parti politique du milliardaire.
Mercredi devant la presse, le chef de l’État, dont le dernier mandat expire en décembre 2028, a jeté le pavé dans la marre sur sa position de toucher à la loi fondamentale de 2006. Il justifie sa position d’abord par la volonté de mener des réformes du système judiciaire que le partenariat avec les USA ; ensuite pour extraire beaucoup d’entraves, et enfin pour honorer la parole de son père : « Je suis de l’UDPS. En 2006, l’UDPS avait dit que si elle arrivait au pouvoir, cette constitution serait changée », a-t-il rappelé.
Ces déclarations interviennent alors que le parlement examine une proposition de loi déposée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy visant à encadrer l’organisation du référendum en RDC. Le texte de 93 articles prévoit notamment un mécanisme exceptionnel de « changement constitutionnel » passant par une Assemblée constituante, tout en maintenant formellement les protections de l’article 220 de la Constitution, qui interdit toute révision portant sur le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Samyr LUKOMBO