Grand Inga : Félix Tshisekedi exige l’achèvement "urgent" du cadre de gouvernance 

Barrage de Inga 1
Barrage de Inga 1

L’urgence et la nécessité de mettre en œuvre le programme de développement Inga III ont été l’un des points abordés par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, dans sa communication à la 83e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 20 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, capitale de la RDC.

Dans son intervention, le Président de la République, Félix Tshisekedi, est revenu sur l’ambition de faire de la République démocratique du Congo un véritable poumon énergétique du continent africain à travers le projet Grand Inga, dont la mission stratégique est confiée à l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC), placée sous son autorité.

Avec un potentiel exceptionnel de 42 000 MW, a-t-il fait remarquer, le site d’Inga doit cesser d’être un simple gisement de promesses pour devenir un levier souverain d’industrialisation, de transition écologique et de dignité sociale pour le peuple congolais.

"Le projet Grand Inga incarne un choix historique : électrifier durablement le pays, soutenir l’emploi des jeunes, impulser une croissance verte adossée à une industrie minière responsable et affirmer le leadership énergétique de la RDC en Afrique", a souligné le président Félix Tshisekedi dans le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.

Pour le chef de l'État Félix Tshisekedi, la concrétisation de cette ambition repose sur des partenariats de rang mondial. À cet égard, il a rappelé que l’approbation, le 3 juin 2025, par la Banque mondiale d’un crédit d’un milliard de dollars américains pour le programme de développement d’Inga III, dont 250 millions déjà disponibles, constitue une avancée majeure pour structurer le site et créer un corridor de croissance au bénéfice des communautés.

Toutefois, il a souligné que l’entrée en vigueur des accords de financement, intervenue le 2 février 2026, impose l’achèvement urgent du cadre de gouvernance du projet. À ce titre, les ministères sectoriels et le gouvernement provincial du Kongo Central sont tenus de conclure, dans un délai de 60 jours, les protocoles d’accord de collaboration avec l’ADPI-RDC, cette échéance étant imminente.

"Dans cette perspective, le Président de la République a instruit plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres en charge de l’Industrie, de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Environnement et Développement durable, de l’Enseignement supérieur, de l’Emploi, des Mines ainsi que des Ressources hydrauliques et Électricité, de s’approprier sans délai les projets de protocoles transmis par l’ADPI-RDC, de procéder à leur signature sous la supervision de la Première ministre et d’en transmettre les copies aux bailleurs au plus tard le 3 avril 2026", a recommandé Félix Tshisekedi.

Par ailleurs, le gouvernement a été invité à examiner en urgence le projet de loi Inga, en vue de son adoption lors de la réunion du Conseil des ministres du 27 mars prochain, puis de sa transmission au Parlement au plus tard le 31 mars 2026. D'après le Président Félix Tshisekedi, ce texte constitue un préalable déterminant à la mobilisation du soutien financier convenu avec la Banque mondiale. Un rapport d’exécution de ces instructions est attendu dans un délai de cinq jours.

Au mois de juin de l'année dernière, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 250 millions de dollars financé par l'Association internationale de développement (IDA) qui constitue la première phase du programme de développement d'Inga 3 dont le total s’élève à un milliard de dollars. Ce programme de long terme repose sur une approche en plusieurs phases et permettra à la République démocratique du Congo (RDC) de poser les bases du développement durable d'Inga 3 le plus grand projet énergétique de la RDC à ce jour en commençant par la mise en place d’investissements en faveur des populations locales, des infrastructures et de l’emploi.

Le manque d'accès à l'énergie est l'un des principaux obstacles à la transformation économique de la RDC et à la création d'emplois à grande échelle dans le pays. En effet, seuls 21 % des Congolais bénéficient aujourd’hui d’un raccordement à l'électricité. Ce retard est toutefois sur le point d’être comblé : dans le cadre du Pacte national de l'énergie de la RDC, qui s’aligne sur l'initiative Mission 300 à l'échelle de l'Afrique, le gouvernement s'est engagé dans une série d'investissements et de réformes visant à augmenter la production d'énergie, à attirer les investisseurs du secteur privé et à améliorer les performances de la compagnie nationale d'électricité, avec pour objectif de porter l'accès à l'électricité à 62 % de la population d'ici 2030

Selon la Banque Mondiale, le programme de développement d'Inga 3 accélérera le rythme des changements institutionnels et fournira la capacité de production d'énergie indispensable au soutien des progrès énergétiques du pays au-delà de 2030.

Clément MUAMBA