Ce vendredi 20 mars, les autorités ont entamé la démolition de plus de 1 000 constructions jugées illégales dans la zone aéroportuaire de Kolwezi, dans la province du Lualaba.
L’opération s’est déroulée sous haute surveillance des forces de l’ordre, dans un climat particulièrement tendu. Des échauffourées ont été signalées entre certains habitants et les agents de sécurité.
Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs familles se sont retrouvées sans abri, contraintes de passer la nuit à la belle étoile. « Nous n’avons nulle part où aller. Toute notre vie était ici. Nous avons dormi dehors avec nos enfants », témoigne Eugénie Mbala, une sinistrée. Un autre habitant, Pascal Mbuyu, déplore : « Ils ont détruit notre maison sans nous laisser le temps de récupérer nos affaires. C’est terrible. »
Parmi les bâtiments démolis figurent également des écoles, des églises et des centres de santé, ce qui accentue l’inquiétude et la colère des populations concernées.
Les autorités provinciales justifient cette opération par des impératifs sécuritaires et stratégiques. Selon un communiqué officiel signé par le ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité, Philippe Kaumba Mayonde, les zones concernées sont notamment : la zone GOLF/ISTM (275 625 m²) ; la zone située aux abords de SUN AFRICA, près de l’école Saint-Joseph (57 455,72 m²).
Les occupants avaient été mis en demeure à plusieurs reprises, avec un avant-dernier rappel formel adressé le 30 janvier 2026. Les autorités évoquent des risques majeurs pour la population, notamment des accidents liés à l’activité aéroportuaire (crashs, incendies ou incidents lors des phases de décollage et d’atterrissage).
Elles insistent également sur le caractère stratégique et sécurisé de la plateforme aéroportuaire, dont l’accès est strictement réglementé.
Dans un communiqué publié il y a quatre jours, les autorités ont réaffirmé leur position, précisant qu’aucune mesure de relocalisation ni d’assistance n’est prévue pour les occupants concernés. « Il s’agit d’une mesure de sécurité urgente. Aucun compromis n’est possible », souligne le document.
À noter que cette opération de démolition se déroule sans accréditation de la presse.
Timothée Prince ODIA