Une série de mesures a été prise par le gouvernement de la République pour faire face à la recrudescence de l’insécurité, de la criminalité, des braquages et autres délits dans la ville-province de Kinshasa. C’est ce qu’a révélé le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, dans sa note d’information présentée lors de la 83ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Lors de son intervention, le vice-Premier ministre a rappelé qu’en exécution des instructions du Chef de l’État, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, une grande réunion de sécurité s’était tenue le samedi 14 mars 2026 au ministère de l’Intérieur. Cette rencontre avait réuni les responsables des services civils, policiers et militaires afin de répondre de manière drastique à la recrudescence de la criminalité dans la ville de Kinshasa.
"Au cours de cette réunion, les décisions suivantes ont été prises : l’intensification des interpellations, par le groupe de lutte contre la criminalité et stupéfiant du commissariat provincial de la Police nationale congolaise de Kinshasa, des auteurs de simulations de kidnappings ; la poursuite de l’opération « Ndobo », avec l’organisation de patrouilles mixtes PNC-FARDC, de jour comme de nuit, afin d’éradiquer le phénomène « Kuluna » ; la convocation imminente d’une réunion interinstitutionnelle sur la problématique des braquages et des visites domiciliaires commises par des hommes en uniforme ; la tenue imminente enfin d’une réunion interservices avec la participation du ministère des Postes et Télécommunications, de l’ARPTC et des opérateurs de télécommunications afin d'épiloguer sur les mesures de contrôle notamment l’interdiction de la vente de cartes SIM préenregistrées et la réidentification des abonnés", rapporte le compte rendu de la réunion.
Dans un autre registre, poursuit le compte rendu de la réunion, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, a également informé le Conseil de la situation aux frontières, ainsi que de certains sinistres et catastrophes survenus dans le Kasaï-Central, le Kongo-Central et le Lualaba, notamment l’éboulement dans une mine appartenant à Boss Mining.
La ville-province de Kinshasa continue de faire face à une résurgence de l'insécurité, des enlèvements et des attaques nocturnes, malgré la mise en œuvre de l’opération « Ndobo » (Hameçon), présentée comme un succès par le gouvernement à travers le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières. Les annonces répétées d’arrestations de bandits urbains (Kulunas) et leur déferrement devant les instances judiciaires semblent n’avoir eu que peu d’impact sur le quotidien des Kinois et des Kinoises.
Lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a indiqué avoir été saisi des préoccupations de la population, qui signale une recrudescence inquiétante des enlèvements dans la capitale. Selon lui, à ces faits s’ajoutent des attaques nocturnes perpétrées par des bandits armés dans certaines résidences, semant la peur et l’insécurité parmi les citoyens. Au-delà de la détresse des familles directement touchées, le Président affirme que ces actes criminels alimentent un climat de psychose, fragilisent le sentiment de sécurité collective, perturbent les activités économiques et sociales, et portent atteinte à l’autorité de l’État ainsi qu’à la confiance des citoyens dans les institutions chargées de les protéger.
Face à cette situation, le président de la République avait instruit le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, ainsi que le vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale, de mobiliser l’ensemble des services de sécurité et de renseignement civils et militaires afin d’intensifier les opérations de traque et de démantèlement des réseaux criminels impliqués dans ces enlèvements et attaques armées"
Clément MUAMBA