RDC-UE : lancement du projet « Country Window RDC » pour renforcer la coopération en géosciences

Lancement du projet « Country Window RDC » dans le cadre du programme PanAfGeo+
Lancement du projet « Country Window RDC » dans le cadre du programme PanAfGeo+

Au nom du gouvernement de la République démocratique du Congo, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a procédé, jeudi 19 mars, à Kinshasa, au lancement officiel du projet « Country Window RDC », inscrit dans le cadre du programme PanAfGeo+. Cette initiative majeure, qui intervient après le lancement régional du programme PanAfGeo+, marque une étape décisive dans la modernisation et la transformation du secteur minier congolais.

Porté par le ministère des Mines de la RDC, en partenariat avec l’Union européenne, ce projet vise à renforcer les capacités nationales en matière d’acquisition, de gestion et de valorisation des données géoscientifiques. Il s’inscrit dans une dynamique de modernisation du secteur minier et d’amélioration des outils d’aide à la décision. Financé par l’Union européenne et coordonné par le BRGM, le service géologique français, le projet appuie le Service géologique national du Congo (SGN-C) dans le développement de ses capacités techniques et scientifiques.

L’un des temps forts de l’activité a été la signature des termes de référence du projet entre la RDC, représentée par le ministre des Mines, et la délégation de l’Union européenne, consacrant leur engagement à renforcer la coopération dans le domaine des géosciences. Dans un contexte de transition énergétique mondiale, ce projet ambitionne d’améliorer la connaissance du potentiel géologique, de réduire les risques d’investissement et de promouvoir une exploitation responsable et transparente des ressources naturelles.

" Le projet Country Window RDC, mis en œuvre à travers le Service géologique national du Congo avec l’appui de partenaires internationaux, représente une opportunité importante pour améliorer la connaissance de notre sous-sol, renforcer les capacités techniques et scientifiques de nos institutions et réduire les risques liés à l’investissement minier. Comme je l’ai souligné,dans cette perspective, les données géoscientifiques constituent un outil stratégique d’aide à la décision : elles permettent d’orienter les investissements, de promouvoir le développement de l’exploration minière et de garantir une gestion responsable, transparente et durable de nos ressources naturelles ", a dit le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. 

Consolider la souveraineté de l’État sur les données géoscientifiques et à améliorer la gouvernance du secteur minier

Selon le patron des Mines congolais, la RDC s’est engagée dans une dynamique de transformation profonde visant notamment à renforcer la recherche géologique et minière, à consolider la souveraineté de l’État sur les données géoscientifiques et à améliorer la gouvernance du secteur minier. Pour lui, l’ambition de la RDC est claire : passer d’un modèle d’exportation de matières premières à un modèle de création de valeur, fondé sur la transformation locale, la transparence et la durabilité.

" Dans ce contexte, l’amélioration et l’approfondissement de la connaissance du potentiel géologique de notre territoire constituent un enjeu majeur pour notre pays. Cette connaissance est essentielle pour promouvoir une exploitation responsable, transparente et durable de nos ressources minérales, afin qu’elle contribue pleinement au développement économique et social de notre nation. Je suis convaincu que ce projet constituera une étape importante dans l’amélioration de la connaissance du potentiel minéral de notre pays, le renforcement des capacités de nos institutions et la promotion d’une gouvernance plus efficace et durable du secteur minier. Je tiens à saluer l’engagement de l’ensemble des institutions partenaires ainsi que la contribution précieuse des experts et des équipes techniques qui œuvrent à la réussite de cette importante initiative. Je formule le vœu que ce projet marque une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération scientifique et technique entre la RDC et ses partenaires internationaux ", a souligné Louis Watum Kabamba. 

Une nouvelle étape de la coopération UE-RDC franchie

Pour sa part, le chargé d’affaires a.i. de la Délégation de l’Union européenne en RDC, Fabrice Basile, a affirmé que le lancement officiel de PanAfGeo+, « Country Window », c’est-à-dire la fenêtre pays consacrée à la RDC, marque une étape décisive, mais constitue aussi l’un des résultats concrets du partenariat stratégique avec la RDC, signé en 2023, dont la feuille de route a été lancée en décembre 2024. Après le lancement du programme d’appui au développement, ainsi que des initiatives en matière de transparence minière et de formation professionnelle, ce programme permet de franchir une nouvelle étape dans la coopération.

" La fenêtre pays PanAfGeo+ répond à une demande spécifique de la RDC visant à soutenir sa stratégie nationale d’exploitation et d’innovation dans le secteur minier. Pourquoi ce projet est-il crucial pour la RDC ? Parce que le pays dispose de ressources minières parmi les plus importantes au monde, mais fait face à plusieurs défis : manque de données fiables, enjeux de gouvernance et exigences de durabilité ", a fait remarquer celui qui assume actuellement la direction de la délégation de l'UE en RDC. 

Selon lui, le PanAfGeo+ Invest « Country Window » a été conçu pour transformer ces défis en opportunités, autour de quatre axes principaux. Premièrement, moderniser la gestion des données géoscientifiques en consolidant la base nationale existante et en valorisant les archives historiques, souvent sous-exploitées. Deuxièmement, cartographier et évaluer les ressources dans les zones prioritaires, notamment celles à fort potentiel géologique et les sites d’exploitation artisanale, afin de mieux orienter les décisions d’investissement.

Troisièmement, soutenir l’exploitation minière artisanale par l’innovation, en introduisant des technologies adaptées, notamment en matière de recyclage des déchets et de décarbonation, afin de concilier activités économiques et protection de l’environnement et Enfin, quatrièmement, renforcer les capacités humaines et techniques des institutions publiques à travers des équipements modernes, des formations aux normes ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) et un appui à la gouvernance.

" Ce projet repose sur un engagement commun de toutes les parties prenantes à travailler main dans la main : garantir la transparence et la redevabilité à chaque étape, assurer une appropriation locale des résultats et faire en sorte que les bénéficiaires congolais en soient les premiers acteurs. Notre ambition est claire : disposer d’une base de données géoscientifiques nationale fiable et accessible, favoriser l’intégration des communautés minières artisanales dans des chaînes de valeur durables, et former une nouvelle génération de géoscientifiques congolais capables de relever les défis futurs ", a indiqué le chef ad intérim de la délégation de l'UE en RDC

Réduire les risques pour les investisseurs

Par ailleurs, Jean-Claude Guillaneau, coordonnateur du projet, a précisé qu’avec ces investissements, l’objectif est de contribuer à réduire les risques pour les investisseurs afin de les inciter davantage à s’engager. Selon lui, les géosciences jouent un rôle central dans cette dynamique. Il a également révélé que si le programme s’appelle PanAfGeo+, c’est parce qu’il va au-delà de ce qui a été réalisé jusqu’à présent. Les phases PanAfGeo 1 et 2, menées sur une dizaine d’années, ont permis de former un grand nombre d’experts à travers le continent africain. Au total, 1 773 stagiaires ont été formés dans les trois langues de travail de l’Organisation des services géologiques africains (OAGS) : l’anglais, le français et le portugais.

" Ces résultats concrets ont conduit l’Union européenne à renouveler sa confiance et à soutenir le développement du projet PanAfGeo+ Invest, qui s’inscrit dans la continuité d’AfricaMaVal, avec une ambition élargie. Le programme ne se limite pas à un financement accru : il vise également un champ d’action plus large, avec un accent particulier sur les matériaux critiques, la communication et le renforcement des partenariats. Un des axes majeurs consiste à développer la coopération entre les services géologiques européens et africains, ainsi qu’à créer un réseau panafricain d’experts dans des domaines tels que la géologie, les métaux critiques et les ressources en eau ", a-t-il fait savoir dans son mot de circonstance. 

PanAfGeo+ est un programme pluriannuel (2026–2029) financé par l’Union européenne et coordonné par le BRGM, le service géologique français. Il vise à renforcer la coopération stratégique entre l’UE et l’Afrique dans les domaines des géosciences et des matières premières minérales critiques. Structuré autour de trois objectifs, il ambitionne de renforcer les partenariats institutionnels, d’améliorer les compétences des services géologiques africains et de développer des chaînes de valeur durables pour les matières premières critiques.

Le projet PanAfGeo+ Invest fait suite au projet AfricaMaVal. Il a pour principal objectif la promotion des investissements en Afrique tout au long de la chaîne de valeur des métaux critiques. Il s’articule également autour de « Country Windows » dans sept pays, dont la RDC. Coordonné par le BRGM, il est piloté en RDC avec le ministère des Mines. Il implique le Service géologique national du Congo (SGN-C), la CTCPM, le SAEMAPE, le CAMI ainsi que le CRGM. L’objectif principal est d’acquérir et d’améliorer la gestion des données géoscientifiques, tout en promouvant une gestion et une exploitation durables des ressources minières critiques.

Objectifs spécifiques de PanAfGeo+ Country Window RDC :

La reconnaissance géologique et minière sur plusieurs zones de recherche géologique (ZRG) dans les provinces du Tanganyika, du Kasaï Central et du Kongo Central ;

Des études de viabilisation sur des zones d’exploitation artisanale (ZEA) dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga ;

Le renforcement du capital humain des personnels des administrations publiques, notamment à travers la formation des étudiants en géosciences en collaboration avec les universités provinciales, ainsi que la fourniture d’équipements techniques ;

La numérisation des archives géologiques en RDC et de celles conservées au Musée d’Afrique centrale et aux Archives nationales en Belgique ;

La cartographie du secteur minier artisanal à l’échelle nationale, ainsi que la promotion de la décarbonation et du recyclage des rejets miniers pour des investissements durables.

À relire : https://actualite.cd/2026/03/18/la-rdc-et-lue-lancent-le-programme-panafgeo-invest-pour-un-cout-de-178-millions-deuros 

Clément MUAMBA