Est de la RDC : Washington réitère son appel à la retenue et condamne la frappe de drone à Mushaki ainsi que les massacres près d’Uvira

Les collines de Masisi vues à partir de Sake
Les collines de Masisi vues à partir de Sake

Au lendemain des discussions de Montreux, en Suisse, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, sous la médiation de l’État du Qatar, la situation sécuritaire continue de se détériorer. Elle est marquée par la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion, ainsi que par la dégradation de la situation humanitaire sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, à l’est de la RDC.

Face à cette situation préoccupante et alarmante, les États-Unis d’Amérique, l’un des médiateurs dans la crise de la région des Grands Lacs, condamnent la frappe de drone perpétrée à Mushaki, dans le Nord-Kivu, ainsi que les massacres commis près d’Uvira, dans le Sud-Kivu. Washington exhorte les parties au conflit à la retenue et à privilégier la voie du dialogue pour la résolution de la crise.

" Les États-Unis condamnent la frappe de drone menée aujourd'hui à Mushaki, au Nord-Kivu, et les massacres perpétrés près d'Uvira, au Sud-Kivu. Toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue, respecter leurs engagements de cessez-le-feu, protéger les civils et s'engager dans un dialogue et une désescalade ", lit-on ce samedi 9 mai 2029 sur le compte X du Bureau Afrique du Département d'État américain. 

Si Kinshasa, par le biais des Forces armées de la RDC, ne s’est pas encore exprimé sur cette évolution de la situation sécuritaire sur le théâtre des opérations, du côté de l’AFC/M23, le mouvement rebelle attribue ces événements aux forces gouvernementales, qu’il accuse d’être à la base de ce qu’elle qualifie de violation du cessez-le-feu et des engagements pris dans le cadre du processus de médiation mené par l’État du Qatar, à savoir le processus de Doha.

Selon son porte-parole, Lawrence Kanyuka, des drones de combat du régime de Kinshasa auraient largué des bombes sur des zones densément peuplées de Mushaki et de ses environs, dans le territoire de Masisi, provoquant un véritable carnage parmi la population civile.

" Personne ne peut garder le silence face à ces bombardements aveugles qui endeuillent quotidiennement les familles congolaises. Le régime criminel de Kinshasa a lancé une deuxième frappe de drone contre Mushaki, dans le territoire de Masisi, poursuivant ainsi sa campagne barbare de bombardements indiscriminés visant les populations civiles. Cette nouvelle attaque constitue une escalade d’une extrême gravité et traduit une volonté manifeste de terroriser les populations civiles ", a -t-il annoncé sur son compte X.

Comme à chaque étape des discussions entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, les deux parties ne parviennent pas toujours à tenir un discours commun sur le retour de la paix dans l’Est de la RDC. Depuis la rencontre de Montreux en Suisse, Kinshasa et la rébellion AFC/M23 s’accusent mutuellement de violer les engagements de paix, notamment en raison de la poursuite des affrontements et des attaques de drones dans l’est de la RDC. Les avancées espérées sur papier par les médiateurs ne cessent de céder la place à une méfiance accrue et à une impasse diplomatique. 

Clément MUAMBA