Nord-Kivu : afflux de déplacés à Mweso, Nyanzale et Katsiru après de violents affrontements dans la chefferie de Bwito

Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu
Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu

La situation sécuritaire reste préoccupante dans l’est de la Nord-Kivu, où de nouveaux affrontements ont provoqué un déplacement massif de populations civiles. Dans la chefferie de Bwito (territoire de Rutshuru), des combats récurrents opposent les rebelles de l’AFC/M23 aux groupes d’autodéfense dits wazalendo.

La semaine dernière, plusieurs localités des groupements Kihondo, Bambo et Bukombo ont été le théâtre de violents échanges de tirs, notamment à Mubirubiru, Kinjovu et Muko. Pris au piège des combats, des centaines de familles ont fui dans la précipitation, abandonnant maisons, champs et biens.

« Nous avons fui la nuit, sans rien emporter. Les balles sifflaient partout. On ne savait pas où aller, seulement sauver nos vies », témoigne une mère de famille rencontrée à Nyanzale.

Ces mouvements de population ont conduit à un afflux de déplacés vers plusieurs zones relativement calme. À Mweso, dans le territoire de Masisi, des ménages entiers se sont installés dans des conditions précaires. D’autres ont trouvé refuge à Nyanzale et Katsiru, dans le Rutshuru.

Sur place, les conditions de vie sont alarmantes. Les déplacés manquent de nourriture, d’eau potable, d’abris et d’accès aux soins de santé.

« Nous dormons à même le sol, sans bâches ni couvertures. Les enfants commencent à tomber malades, mais nous n’avons pas de médicaments », confie un père de famille installé à Mweso.

Selon des sources humanitaires locales, les besoins en vivres et non-vivres sont urgents, notamment en abris d’urgence, en médicaments et en eau potable.

« Nous n’avons même pas de quoi manger depuis deux jours. Nous dépendons de la solidarité des habitants, mais eux aussi n’ont presque rien », explique une déplacée à Mweso.

Il reste toutefois difficile d’évaluer avec précision l’ampleur de la crise. Le nombre exact de ménages déplacés n’est pas encore connu, en raison des contraintes sécuritaires qui limitent l’accès des acteurs humanitaires dans plusieurs zones affectées.

À Mweso, le processus de recensement n’a pas encore débuté, tandis qu’à Nyanzale et Katsiru, l’instabilité persistante complique toute intervention structurée.

Entre insécurité persistante et manque d’assistance, les populations civiles continuent de payer le lourd tribut du conflit dans cette partie de la République démocratique du Congo. « Nous voulons juste la paix pour retourner chez nous. Ici, ce n’est pas une vie », conclut un déplacé à Mweso, le regard tourné vers l’incertitude.