Accords de Washington : l’Assemblée nationale rassure qu’il n’y a pas de restriction aux autres investissements internationaux et promet "vigilance et responsabilité"

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Signature des accords de Washington pour la paix et la prospérité

Les projets de loi portant ratification de l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, signé le 27 juin 2025 à Washington sous l’égide des États-Unis, ainsi que de l’Accord stratégique conclu avec les États-Unis d’Amérique le 4 décembre 2025 à Washington seront examinés au Parlement, à l’Assemblée nationale et au Sénat, lors de la session de mars 2026. L’ensemble de ces textes est communément appelé les « Accords de Washington ».

Abordant ce sujet à l’ouverture de la session ordinaire, lundi 16 mars 2026, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a affirmé que l’examen de ces textes par le Parlement se fera dans le respect de l’intérêt supérieur de la nation, avec la conviction que la paix véritable repose sur la sécurité, la justice et le respect de la souveraineté de chaque État. Selon lui, l’Accord de partenariat stratégique avec les États-Unis ouvre des perspectives importantes dans les domaines des investissements, de la sécurité, de la valorisation responsable des minerais stratégiques, ainsi que du développement des infrastructures et des chaînes de valeur industrielles.

« À ma connaissance, cet Accord n’entame en rien la souveraineté de notre pays, et ne brade nullement nos actifs miniers ; il vise au contraire à renforcer les capacités de la RDC, à valoriser ses ressources stratégiques, et à consolider des partenariats transparents et mutuellement bénéfiques. Je suis d’avis, que dans un débat national, qui mérite rigueur et responsabilité, il est essentiel que les prises de position publiques s’appuient sur des faits établis plutôt que sur des interprétations subjectives susceptibles d’induire notre peuple en erreur. C’est de notre responsabilité commune ! », a déclaré le président de l'Assemblée nationale.

Par ailleurs, il a réaffirmé « avec force que cet engagement ne restreint aucunement l’ouverture de notre pays aux autres investissements internationaux. Bien au contraire, au regard de l’abondance et de la diversité de ses ressources, notre pays demeure une terre d’opportunités ouverte à tous les partenaires de bonne foi. Au-delà du secteur minier, des perspectives considérables existent notamment dans l’agriculture et la transformation des produits agricoles, le tourisme, l’énergie, les télécommunications et bien d’autres domaines porteurs de croissance, d’emplois et de prospérité partagée ».

« C’est dans cette perspective, que l’Assemblée nationale attend de recevoir sans délai pour examen, le projet de loi sur le Barrage d’INGA. Au cours de cette session, l’Assemblée nationale aura également à se prononcer sur la ratification de cet Accord, dont, à notre humble avis, l’ambition n’est rien d’autre que celle de contribuer à la transformation de notre potentiel économique en réelle prospérité pour le peuple Congolais », a souligné M. Boji.  

Dans un autre contexte et tout en revenant sur la question sécuritaire, Aimé Boji a tenu à préciser que l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, signé le 27 juin 2025 à Washington D.C., a pour objectif principal de mettre fin au cycle infernal d’insécurité dans l’Est de la RDC. Cet accord, conclu sous les auspices de la communauté internationale et validé par les deux chefs d’État en présence du président des États-Unis d’Amérique le 4 décembre 2025, constitue une étape décisive dans la recherche d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Selon Aimé Boji Sangara, il appartient désormais au Parlement d’examiner avec responsabilité le projet de loi autorisant la ratification de cet accord de paix, réceptionné des mains de Madame la Première ministre le samedi 7 mars 2026.

« Qu’il me soit permis ici de réitérer solennellement l’engagement de l’Assemblée nationale à accompagner, avec responsabilité et vigilance, la mise en œuvre de cet Accord, dans l’intérêt supérieur de la sécurité des populations et de la stabilité régionale », a-t-il rassuré.

En date du 4 décembre de l’année dernière, le président Donald J. Trump a présidé la signature des Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda. Selon l’administration américaine, cet instrument « historique » renforce les engagements pris pour mettre fin à des décennies de conflit, favoriser la coopération économique et jeter les bases d’une paix durable.

Selon le département d’État américain, les Accords de Washington réaffirment l’engagement des parties à mettre en œuvre l’accord de paix conclu à Washington le 27 juin 2025, et à réaliser la vision du Cadre d’intégration économique régionale (REIF), afin de créer une feuille de route ambitieuse pour la paix, la sécurité et une croissance économique sans précédent. La RDC et le Rwanda ont signé le REIF, une initiative bilatérale novatrice qui libère le vaste potentiel économique de la région des Grands Lacs et crée des opportunités pour le secteur privé américain.

Outre les Accords de Washington, les instruments bilatéraux suivants ont été signés sous l’égide du secrétaire Rubio : l’Accord de partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, le protocole d’accord sur un partenariat élargi en matière de sécurité entre les deux pays, ainsi que le Cadre États-Unis-Rwanda pour une prospérité économique partagée.

Pour l’administration Trump, les Accords de Washington et les initiatives associées représentent un engagement international commun à transformer la région des Grands Lacs en un modèle de paix, de stabilité et d’opportunités économiques. En s’attaquant aux causes profondes du conflit, en favorisant la confiance et en renforçant la coopération économique, la RDC et le Rwanda prennent des mesures audacieuses pour créer un avenir meilleur pour leurs citoyens.

Clément MUAMBA