Tensions au Moyen-Orient : "Aucune victime congolaise n’a été signalée" rassure Judith Suminwa

Judith Suminwa
Judith Suminwa, Première Ministre de la RDC.

Au Moyen-Orient, en ce début d’année, la situation sécuritaire reste marquée par une escalade majeure et une volatilité extrême, avec des échanges de tirs directs entre Israël et l’Iran, des frappes américaines, ainsi que des répercussions régionales importantes affectant les populations civiles et mettant à mal la stabilité dans cette zone stratégique de l'humanité.

C’est dans ce contexte que la situation sécuritaire au Moyen-Orient et le suivi des ressortissants congolais ont été abordés lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 6 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine. Dans sa communication, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a rassuré que le gouvernement suit avec attention et préoccupation, par le biais du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie ainsi que des missions diplomatiques, l’évolution de la situation dans la région, marquée par une série d’incidents violents et d’échanges de tirs dans plusieurs pays.

"Une attention particulière est accordée à la situation de nos compatriotes présents dans ces pays, qu’il s’agisse des résidents ou des ressortissants congolais de passage pour des raisons professionnelles, commerciales ou personnelles. Selon les informations transmises par les Affaires étrangères, aucune victime congolaise n’a été signalée dans les pays concernés. Dans plusieurs de ces pays, l’espace aérien demeure partiellement ou totalement fermé, ce qui rend, à ce stade, toute opération d’évacuation difficile", rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.

D'après la cheffe du gouvernement Judith Suminwa, certaines autorités locales ont instauré des mesures de restriction des déplacements et de mise à l’abri des populations civiles afin de limiter leur exposition aux risques d’attaque. Dans ce contexte, a-t-elle fait savoir, les possibilités d’assistance directe restent limitées.

"Les suivis assurés par nos missions diplomatiques visent toutefois à permettre une réaction rapide dès que les conditions le permettront. Au regard de la situation et sur la base des informations reçues de nos missions diplomatiques dans les pays concernés, la Première ministre a instruit la ministre d’État, ministre en charge des Affaires étrangères, de recueillir les informations relatives aux ressortissants congolais présents au Moyen-Orient et d’évaluer les capacités de nos missions diplomatiques dans la région", ajoute le compte rendu de la réunion.

Sur la base de ces informations, poursuit le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, la Première Ministre et cheffe du gouvernement Judith Suminwa a demandé la formulation de recommandations sur les modalités d’assistance renforcée qui pourraient être envisagées afin de permettre au gouvernement de réagir de manière appropriée selon l’évolution de la situation.

Bien plutôt, la République démocratique du Congo avait appelé ses ressortissants à s’abstenir de tout voyage vers le Moyen-Orient, invoquant une « escalade alarmante » de la situation sécuritaire dans la région, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié pour « une publication immédiate ». Cette prise de position intervient après l’annonce, samedi 28 février, par les États-Unis et Israël du lancement de frappes contre l’Iran. 

Les autorités iraniennes ont riposté en tirant des missiles contre Israël et en direction de plusieurs villes du Moyen-Orient, notamment celles abritant des bases américaines. Des explosions ont été signalées à Téhéran, Ispahan, Doha, Dubaï, Abou Dhabi, au Koweït et à Bahreïn. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a affirmé que « de nombreux signes » indiquaient que l’ayatollah Ali Khamenei aurait été tué.

Dans son communiqué, le gouvernement congolais dit suivre « avec une vive préoccupation la dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, marquée par une intensification des opérations militaires et des actions de représailles impliquant plusieurs acteurs étatiques de premier plan ». Il estime que la dynamique actuelle fait peser « un risque sérieux d’embrasement régional susceptible d’avoir des conséquences graves sur la paix et la sécurité internationales, ainsi que sur les populations civiles ».

En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la République démocratique du Congo souligne la nécessité d’éviter toute escalade supplémentaire susceptible d’aggraver la situation sécuritaire et humanitaire, exhorte toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, réaffirme son attachement au respect strict du droit international, y compris du droit international humanitaire, et encourage le recours prioritaire aux mécanismes diplomatiques et multilatéraux en vue d’une désescalade et d’un règlement durable du conflit. Kinshasa se dit également disposée à soutenir toute initiative constructive au sein du Conseil de sécurité visant à restaurer la stabilité et à prévenir une aggravation du conflit.

Clément MUAMBA