Vérification du mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu : à Goma, James Swan rencontre le commandement du Mécanisme conjoint élargi de vérification (MCVE)

Photo d'illustration
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En marge de son séjour à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan, a rencontré samedi 25 avril 2026 le commandement du Mécanisme conjoint élargi de vérification (MCVE), au quartier général de la MONUSCO, ainsi que des membres du Joint Intelligence Fusion Center, dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon la Mission onusienne en RDC, qui a annoncé cette rencontre sur son compte X, ce premier face-à-face entre le chef de la MONUSCO et le commandement du MCVE vise à discuter de la mise en œuvre et de l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (MCVE+). Conformément à son mandat issu de la résolution 2808 du Conseil de sécurité, la MONUSCO se dit prête à appuyer, grâce à ses capacités logistiques et techniques, les premières missions de vérification du mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu.

Bien avant sa descente sur le terrain, la MONUSCO avait, dans un communiqué, salué ce qu’elle qualifie de « progrès » enregistrés à Montreux, en Suisse, lors des pourparlers entre des représentants du gouvernement congolais et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), dans le cadre du processus de Doha, avec la facilitation du Qatar, des États-Unis et de l’Union africaine. 

La Mission avait noté avec satisfaction « les avancées vers la signature du Protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire » et encouragé les parties à maintenir leur engagement afin de conclure rapidement cet accord, en vue de mettre fin aux souffrances des populations civiles affectées par le conflit qui sévit dans l’est de la RDC depuis des décennies.

La Mission, qui a pris part aux discussions de Doha sous l'égide de l'État du Qatar en tant qu’observateur, réaffirme l’importance d’un mécanisme crédible, transparent et opérationnel de suivi et de vérification du cessez-le-feu, afin de contribuer à la réduction des violences. Elle estime que ce mécanisme contribuera à renforcer la protection des civils et à favoriser le rétablissement progressif de l’autorité de l’État dans l’est de la RDC.

Selon la mission de l'ONU, le suivi du cessez-le-feu exige que plusieurs conditions indispensables soient réunies afin de permettre au mécanisme d’opérer de manière crédible, sûre et efficace. Celles-ci incluent notamment la cessation de l’usage de drones offensifs, la fin du brouillage et de l’usurpation des signaux GPS, la pleine liberté de mouvement du personnel et des moyens de la MONUSCO, ainsi que l’utilisation sûre des aéroports et de l’espace aérien.

À Montreux, en Suisse, les délégués du gouvernement de la République démocratique du Congo et ceux de la rébellion de l’AFC/M23 ont convenu de la signature d’un nouveau dispositif de suivi du cessez-le-feu. Ce mécanisme, attendu depuis plusieurs semaines, intègre désormais les deux parties au conflit afin de vérifier les violations sur le théâtre des opérations.

Une première descente sur le terrain est annoncée dans une semaine après les discussions. Il s'agit d'un outil qui s’inscrit dans la continuité de l’accord signé à Doha le 14 octobre 2025, puis des termes de référence adoptés le 2 février 2026.

Cependant, sa mise en œuvre sur le terrain se heurte à de sérieuses difficultés, principalement en raison du fait que le mécanisme de surveillance et de vérification n’est pas encore pleinement opérationnel. Ce dispositif repose notamment sur le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) de la CIRGL, qui fonctionne actuellement au ralenti. Le nouveau commandement a pour mission de le redynamiser afin de permettre une surveillance effective du cessez-le-feu et de garantir la crédibilité des processus de paix en cours.

Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, la MONUSCO est autorisée à appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent. Cet appui inclut le soutien au Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, ainsi qu’au Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), mis en place à la suite de la signature de l’Accord-cadre de Doha pour une paix globale, le 15 novembre 2025.

Clément MUAMBA