Au moins 160 médecins issus de la 36ᵉ promotion de la faculté de médecine de l’Université de Kisangani (UNIKIS) ont dénoncé, ce lundi 23 février 2026, la lenteur dans la délivrance de diplôme en médecine six mois après la fin de leur cursus académique.
Ces anciens de l'UNIKIS qualifient cette situation d’«injuste et préjudiciable à leur avenir professionnel ». Leurs diplômes sont indispensables pour exercer légalement la médecine en RDC. En l’absence de ce document, ils se retrouvent dans l’impossibilité de prêter serment et d’obtenir un numéro d’ordre auprès du Conseil de l'Ordre des Médecins.
« Sans diplôme, nous ne pouvons ni travailler, ni servir la population, alors que nous avons achevé notre formation depuis plusieurs mois », déplorent-ils dans une déclaration collective.
Selon les concernés, le retard administratif s'observe au niveau des services administratifs de l'UNIKIS. Les médecins, sans serment d'Hippocrate, affirment avoir multiplié les démarches administratives : correspondances officielles, demandes d’audience et déplacements répétés auprès des autorités universitaires. À ce jour, aucune suite favorable ni calendrier précis ne leur aurait été communiqué.
« Trop c'est Trop », écrivent-ils. Les concernés projettent un sit-in pacifique au bâtiment administratif de l’université afin de réclamer la régularisation de leur situation. Ils insistent, dans leur communication, sur le caractère apolitique et non conflictuel de leur démarche, qu’ils présentent comme « une revendication légitime fondée sur le respect de leurs droits et de leur dignité professionnelle ».
Ce lundi 23 février, une vingtaine de concernés s'est présentée au bureau du secrétaire général académique de l'UNIKIS. Deux d'entre eux ont été reçus par ce recteur intérimaire, cependant la rencontre s'est soldée par un incident. Les jeunes praticiens affirmant avoir été contraints de quitter le bureau « de manière humiliante ». « Nous avons été chassés de son bureau », disent-ils.
Contacté, le Professeur Pionus Katuale, recteur a.i de l'UNIKIS, dit avoir déjà reçu 1500 diplômes qui doivent être gravés et envoyés à Kinshasa pour signature au ministère de l'enseignement supérieur et universitaire. Si les médecins demandent un délai et un calendrier de processus d'obtention de leurs diplômes, le professeur Katuala précise qu'il ne saura pas donner de précision.
Ces médecins freinés ont déjà raté deux prestations de serment. Ce blocage favorise le chômage, disent ces anciens étudiants.
Gaston MUKENDI, à Kisangani