L’intersyndicale de l’administration publique de l'hôtel de ville de Kinshasa a publié, ce vendredi 10 avril, une déclaration dans laquelle elle dénonce les retards de paiement des salaires et l’accumulation d’arriérés au sein de l'administration urbaine. Dans ce document, les représentants des cadres et agents publics affirment que la situation pécuniaire du personnel compromet le bon fonctionnement des services publics et menace la stabilité sociale dans la capitale congolaise.
Selon cette déclaration, les travailleurs de l’administration publique de Kinshasa font face à plusieurs mois d’impaiement, une situation que l’intersyndicale qualifie de « contraire aux obligations légales de l’employeur », en l’occurrence l’État. Elle souligne que les retards de rémunération, associés au cumul d’arriérés, ont contribué à démotiver les agents publics et affecte leur capacité à fournir des services réguliers et efficaces à la population.
Les signataires affirment être déterminés à encourager le gouvernement provincial à garantir une paix sociale durable à travers le paiement régulier des salaires, qu’ils considèrent comme indispensables pour permettre aux familles des agents de couvrir leurs besoins essentiels, notamment en matière d’alimentation, de santé et de scolarité.
L’intersyndicale rappelle qu’un protocole d’accord a été signé le 10 mars 2026 entre le gouvernement provincial de Kinshasa et les représentants syndicaux, dans le but de mettre en place un cadre permanent de concertation sur les questions liées aux ressources humaines et aux avantages du personnel administratif urbain. Toutefois, selon la déclaration, les travaux prévus dans ce cadre seraient actuellement à l’arrêt pour des raisons non précisées. Cette situation continue de susciter des inquiétudes quant au respect des engagements pris par l’exécutif provincial.
Le document mentionne également qu’une réunion tenue le 19 février 2026 avec le ministre provincial des Finances avait donné lieu à des assurances selon lesquelles “aucune irrégularité ne serait observée cette année dans le paiement des salaires ni dans la gestion des arriérés”. Ces propos auraient été, d’après le document, appuyés par le ministre provincial de la Fonction publique et du Budget le 23 février 2026. Néanmoins, d’après l’intersyndicale, aucune avancée concrète n’aurait été constatée à ce jour.
Les représentants syndicaux réclament notamment le paiement immédiat de sept mois d’arriérés pour l’année 2025 en faveur des agents administratifs, ainsi que dix mois d’arriérés pour le personnel politique. Ils exigent également la régularisation des salaires des mois de février et mars 2026 pour l’ensemble du personnel. Selon eux, le salaire constitue “un droit fondamental ayant un caractère à la fois alimentaire et humanitaire".
L’intersyndicale annonce qu’en l’absence de réponse satisfaisante du gouvernement provincial, les services publics urbains pourraient être paralysés. Elle prévient qu’à la date annoncée dans sa déclaration, aucun bureau administratif ni division urbaine ne fonctionnerait, ce qui constituerait un préavis ferme.
James Mutuba